
Je qualifierai cette vision de l’entreprise étendue de « spatiale » par opposition à une vision « temporelle ».
Cette remarque me vient d’un article du Figaro (cahier entreprises et emploi, 11/09/2006 p13) que j’ai trouvé fort intéressant. On y parle en effet de structurer les communautés d’anciens salariés. Cela existe déjà dans certaines entreprises (le réseau des ex Procteriens est un des exemples les plus connus). Comme le dit Dominique Turcq de Boostzone, structurer ce réseau est une source de valeur importante pour l’entreprise: faciliter des recrutements, trouver une porte d’entrée chez des clients, faire un retour d’experience, éventuellement faire revenir un « ex » pour une mission spéciale…j’en oublie mais nombreux sont les cas où les anciens représentent, même partis, un gisement de valeur important pour l’entreprise. Sans oublier qu’un ex salarié peut devenir un futur fournisseur ou un futur client.
Si cette culture des « alumni » est très présente outre Atlantique, un travail tant d’évangélisation que de structuration reste à faire de notre coté de l’océan.
Une fois ce stade franchi peut on envisager qu’un jour les anciens garderont une certaine « entrée » sur l’intranet par exemple? Qu’ils resteront dans les annuaires internes « au cas où »? Un peu comme cela se fait de plus en plus dans les Grandes Ecoles où l’on garde son email, l’accès à certaines zones du réseau de l’école même après son départ (même si la problématique est totalement différente j’en conviens, tant en matière de risques que d’opportunités).
En tout cas une vision à ne pas perdre de vue lorsqu’on évalue le patrimoine de son entreprise: celui-ci comporte une dimension temporelle que même la rupture du contrat de travail ne rend pas caduque. De la même manière la prise en compte de la dimension « alumni » dans l’analyse du capital humain d’une entreprise est loin d’être neutre que l’on s’en serve pour évaluer sa propre entreprise, un fournisseur ou une entreprise dans laquelle on désire investir ou que l’on aide à investir.



