Collaborer pour les nuls (2): une question de contexte

-

sourireJe remercie avant tout vivement les personnes qui ont réagi à  cet article. Je voulais avoir des retours pour élargir le périmètre de la réflexion (en effet on ne parle qu’en fonction de ce que l’on connait ce qui implique que sans l’expérience des autres on passe a coté de beaucoup de choses pertinentes).

Qu’en ressort il?

Visiblement il y a un consensus sur le fait qu’on est tous capables de collaborer, mais que c’est plus aisé dans certaines circonstances que dans d’autres. Première conclusion donc, a priori, rien ne sert d’apprendre à  collaborer : on sait déjà  faire. Partant de là  il reste à  travailler donc non sur sur le sujet (l’individu) mais sur le contexte (ce qui fait qu’on veuille ou non collaborer, que le choix soit d’ailleurs conscient ou inconscient).

Nombre d’explications ont été avancées:

L’enjeu: sous-entendu il y a un enjeu fort en entreprise car c’est professionnel, ce qui n’est pas le cas dans la vie de tous les jours. J’ai beaucoup de mal d’adhérer à  cet argument. Le risque de jouer les autistes à  la maison est de voir sa vie privée s’effondrer et quoi qu’on en dise ça n’est pas neutre. Combien de cadres son perturbés au travail par ce qu’il se passe chez eux? Autant que ceux qui sont perturbés chez eux par ce qui se passe au travail certainement. Conclusion: l’enjeu est contextuel. Les choses n’ayant que la valeur qu’on leur donne, une voiture qui ne démarre pas un matin peut mettre dans un même état d’énervement qu’un gros contrat raté.

Le contexte, mais encore faut il voir ce qui se cache derrière cette notion. Monsieur Bonvoisin est agréable en famille et Cadsup invivable au travail, c’est normal: la famille c’est la famille et le bureau c’est le bureau. Remarque intéressante si on va chercher au delà : la famille représente un passé, un lien existant, une communauté d’intérêt (si ce n’est de pratiques) fondée sur le partage d’une projet commun. Lorsque le projet n’est plus commun, que la communauté se délite notre Bonvoisin devient Cadsup en rentrant chez lui.

Là  c’est franchement intéressant, car quelle est la problématique de nombre d’entreprises aujourd’hui: créer du lien, pratiquer un management de proximité, réussir à  diffuser des valeurs crédibles afin de fédérer sur un projet et une vision partagée. Et c’est là  que le bt blesse. Dans les cas où elles ont réussi ce challenge, l’observation montre qu’elles ont des équipes plus collaboratives, plus impliquées, avec une réelle dynamique de groupe dans lequel l’individu arrive toutefois à  exister individuellement.

La mise en place d’un contexte favorisant la collaboration passerait donc par le centrage sur des communautés d’intérêt ou de pratiques, au sein desquelles il est plus facile dès lors de construire et diffuser une vision commune et une réaffirmation de l’importance du middle management dans un rôle d’animateur de proximité.

Finalement rien de neuf, d’autres on écrit peu ou prou la même chose longtemps avant moi. Simplement un parallèle qui peut aider à  faire passer le ménage.

Reste à  comprendre pourquoi cela ne fonctionne pas.

– contrainte du résultat: j’ai déjà  expliqué lus haut pourquoi ce type d’argument ne tient pas la route. Par ailleurs dans une communauté « effective » (par rapport aux groupes montés de bric et de broc en pensant que le simple fait de proclamer l’existence d’un groupe fait d’un agrégat de personne une communauté) la pression n’a jamais été un frein à  la performance collective qu’elle a plutot tendance à  stimuler.

– management transverse: effectivement, il est plus difficile de trouver une communauté d’intérêt dans des équipes transverses.

– éclatement géographique: là  encore ça n’est pas neutre car c’est un frein à  l’animation d’une communauté et au management de proximité

Partant du principe que les deux facteurs cités ci-dessus sont inhérents à  l’entreprise moderne et qu’on ne peut donc pas les limiter, reste à  trouver un moyen de favoriser le management de proximité à  distance d’équipes transverses afin de créer les conditions d’un contexte favorable à  la collaboration. Ou comment dispenser du qualitatif avec des outils conçus pour manager l’activité des individus à  distance…mais pas les individus eux-même.

Cela revient à  inventer la quadrature du cercle? Vu l’enjeu tant pour les individus que pour l’entreprise il faudra bien y arriver.

Bertrand DUPERRIN
Bertrand DUPERRINhttps://www.duperrin.com
Directeur People & Operations / Ex Directeur Consulting / Au croisement de l'humain, de la technologie et du business / Conférencier / Voyageur compulsif.
You don’t speak french ? No matter ! The english version of this blog is one click away.
1,743FansJ'aime
11,559SuiveursSuivre
31AbonnésS'abonner

Récent