Du collaborateur à  la partie prenante

images-1.jpegOn parle souvent des “collaborateurs” de l’entreprise. Certainement parce que le terme est plus valorisant qu’employé ou salarié, plus neutre, plus large. L’entreprise connaissant les pires difficultés à  faire travailler ses Hommes ensemble, le propre du collaborateur est finalement de ne pas collaborer.

D’ailleurs à  l’ère de l’économie de la connaissance je trouve que le terme est déjà  largement dépassé, insuffisant, et qu’il ne reflète déjà  plus les enjeux d’aujourd’hui, et encore moins de demain. Collaborer c’est faire une tache à  plusieurs, chacun en réalisant une fraction. L’enjeu qui s’offre à  nous c’est justement de faire en sorte que réaliser quelque chose plusieurs permettre d’atteindre plus que la somme des simples contributions individuelles. Le fameux 1+1=3, difficilement concevable pour des taches purement industrielles mais largement en phase dans un monde qui fonctionne à  l’information et produit de l’information.

Quoi qu’il en soit on entend tout et son contraire sur la capacité, la volonté des individus à  faire des choses ensemble. Et à  utiliser pleinement les outils adéquats mis à  leur disposition. On s’en offusque et met en cause l’implication de chacun, sa motivation, et on fait porter sur les collaborateurs la responsabilité de l’absence de collaboration. On se focalise sur le visible (les individus font des choses ensemble) en oubliant qu’il lui faut un “terreau fertile”.

Il en va de même pour l’autonomie : on veut des collaborateurs autonomes et on leur reproche de ne jamais l’être assez.

Alors pensez donc à  des équipes qui se mettraient spontanément à  travailler ensemble, s’organisant de manière souple et informelle en fonction des objectifs, des enjeux, des contraintes. Le rêve de tout manager qui y verrait ce qui commencerait à  ressembler à  un début d’entreprise intelligente… mais quelque chose dont on a du mal de se dire que c’est réalisable. Et pourtant on le voudrait. Et en plus on a recruté des équipes avec, comme critère, la capacité et le potentiel d’agir ainsi.

La collaboration et l’autonomie ne se décrètent pas. Elles mettent en jeu l’individu qui doit davantage s’exposer que s’il se contente d’être un rouage, un maillon. A partir de ce moment, l’individu prendra ses responsabilités, sortira de son isolement, s’il a l’impression que cela a un sens, qu’il récupèrera d’un coté ce qu’il donne de l’autre.

Or on reste trop souvent aveuglés par une soit disant règle qui veut qu’il y a ceux savent et les autres. C’est en fait une mauvaise traduction d’une règle qui veut qu’il y a ceux qui décident et les autres. Il y aura toujours une personne pour décider, pour assumer, car à  un moment il faut trancher. Je ne crois à  la décision collective en entreprise que dans des cas limités, généralement plus orientés sur de l’utilitaire que sur le business pur. Par contre ce n’est pas parce qu’un décide qu’il doit se limiter à  un nombre restreints de retours, de feed backs, d’inputs afin de prendre sa décision. L’entreprise s’est imposée des contraintes à  une époque ou les outils de communication actuels n’existaient pas. C’est une contrainte limitante qu’elle s’est posée logiquement pour prendre en compte un contexte…qui a disparu mais la contrainte est restée (les exemples de ce type sont malheureusement trop nombreux en entreprise par ailleurs).

Pour revenir au fil de ce billet, si on veut de l’implication il faut considérer les individus comme pouvant s’impliquer. Considérer qu’il y a ceux qui ont les éléments et la connaissance pour évaluer puis décider et les autres entraine obligatoirement un désinvestissement des autres. Et ce, a fortiori, dans l’économie de la connaissance. Ce n’est pas parce qu’il n’y a qu’un décideur qu’il n’y pas d’autres individus ayant des éléments d’analyse permettant de construire la décision. On ne peut, dès lors, avoir des collaborateurs investis si on les considère comme des éléments périphériques.

Dans l’entreprise 2.0 le collaborateur doit pouvoir agir en tant que partie prenante. Et pour ce faire, être reconnu comme tel. Combien entend on de managers parler de “parties prenantes” à  un projet en évoquant les équipes qu’il dirige ? J’aime beaucoup à  ce titre l’appelation anglo-saxonne de “stakeholder” qui met l’accent sur la notion d’enjeu (stake). C’est bien dire que les enjeux de l’entreprise sont l’affaire de tous et pas seulement des décideurs.

J’ajouterai que multiplier les parties prenantes évite a posteriori la suspicion de parti pris.

Là  encore…juste une question de changement de paradigme. Une des composantes du management dit 2.0 allant avec l’enteprise du même nom et favorisant l’adoption d’outil idoines. Car plutôt, comme nous sommes nombreux à  le suggérer, il s’agit désormais de rendre l’individu non plus utilisateur mais acteur en son nom propre sur l’intranet. Pour y arriver il faudra qu’il soit considéré, et se sente comme une partie prenante au projet de l’entreprise.

Bertrand DUPERRINhttps://www.duperrin.com
Head of People and Operations @Emakina / Ex Directeur Consulting / Au croisement de l'humain, de la technologie et du business / Conférencier / Voyageur compulsif.
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