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Il n’y a pas que la pensée unique qui permet de réussir

Lorsqu’on m’a parlé de Ricardo Semler il y plus d’un an j’ai bien failli rire au nez de mon interlocuteur si je ne savais pas que c’était tout sauf un hurluberlu et un rêveur.

Qui est Ricardo Semler : un chef d’entreprise brésilien qui a fait de SEMCO, la petite PME laissée par son père et qui faisait bon an mal an ses 3 millions de dollars de CA en 1984) en un groupe international qui réalise 150 millions d’euros de chiffre d’affaire et 27% de croissance annuelle depuis 10 ans. Tout sauf un rigolo. MBA à  Harvard, s’implique dans la gestion de l’entreprise familiale à  20, directeur d’usine à  30…
Comment en arriver là  ? La stratégie Semler: faire confiance à  ses employés et les laisser s’auto gérer. Le personnel choisit lui même ses horaires, son salaire et ses supérieurs. Comme le dit Semler dans son livre « The Seven-day Weekend« , si l’on trouve normal que l’entreprise empiète de plus en plus sur la vie privée, les loisirs et les week ends de ses collaborateurs il faut trouver un moyen pour que l’individu récupère cette qualité de vie perdue sur son lieu de travail.

Parmi toutes les choses mises en place par Semler, une m’avait frappé : un employé de SEMCO peut partir à  la retraite avant l’age a condition de revenir « dépanner » ponctuellement. L’individu est content car il aura plus de temps libre plus jeune mais ne se sentira pas inutile passé un certain age (ce qui lui assure de plus un supplément de revenus pour ses vieux jours), et l’entreprise capitalise le savoir faire de ses seniors qui reviennent enseigner aux plus jeunes et permettent la continuité dans la culture d’entreprise. Impossible dans notre système social mais cette manière de régler des problématiques d’entreprise en satisfaisant des aspirations personnelles m’avait bluffé.

Excellent exemple de remise de l’homme au centre de l’entreprise.

L’autogestion a également (et je pense que c’est essentiel dans la réussite de SEMCO) pour conséquence de développer la flexibilité, l’autonomie et l’innovation. Cette innovation permet à  la société où travaillent ces personnes de développer sa faculté d’adaptation. En tout cas je pense que le concept d’intrapreneurs trouve vraiment son sens chez SEMCO
Pour être franc, on comprend beaucoup mieux la chose à  la lecture de son livre. Mais si je n’avais eu sous les yeux les chiffres de SEMCO je me serai juste dit « ce type est un bisounours, un illuminé, un inconscient et il va dans le mur ».
J’ai du mal de croire que ce soit possible mais les chiffres sont là , depuis plus de 10 ans. On m’avait dit « tu le trouveras très management 2.0 » et pour être honnête je l’ai surtout trouvé fou, allant largement au delà  de ce que tous les « modernisateurs » n’imaginent qu’en rêve.

J’ai du mal d’y croire mais les faits sont là  et interpellent. D’un autre coté je ne peux que me dire « ça ne peut pas marcher ». En tout cas il n’est pas 2.0…plutot 5.0.
Et vous, vous en pensez quoi?

PS : lire également ici, là  et là .

Bertrand DUPERRINhttps://www.duperrin.com
Head of Employee and Client Experience @Emakina / Ex Directeur Consulting / Au croisement de l'humain, de la technologie et du business / Conférencier / Voyageur compulsif.

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