L’entreprise 2.0 ne cassera pas tous les murs…d’ailleurs il ne faut pas

openspaceSeconde réflexion suite à  cela sur ce que l’entreprise 2.0 fera et ne fera pas. Il est commun de dire que l’entreprise en silo a vécu car contre productive, et c’est un sujet sur lequel il existe (à  quelques exceptions, et parfois justifiées par un contexte spécifique) un consensus quasi-global. Et partant de là  il est donc essentiel d’abattre les murs.

Abattre tous les murs de l’entreprise…sérieusement vous y croyez vous ?

Faisons l’analogie entre l’entreprise et un immeuble. Vous imaginez un appartement d’un seul tenant où la cuisine jouxte les toilettes, où le bureau de monsieur cotoie la salle de jeu des enfants…le tout sans aucun mur. Ah j’oubliais…bien entendu on peut imaginer que la façade subisse le même sort.

A la lecture de cette analogie on peut comprendre que bien qu’il soit acquis qu’il faille supprimer certains murs, certains dirigeants ressentent une certaine réticence à  le faire.

Poursuivons l’analogie : le mur qui me gêne vraiment, c’est par exemple celui qui trône au milieu de la salle à  manger et qui fait qu’il est impossible que toute la famille puisse se voir et communiquer alors même que tout le monde dine et déjeune à  la même heure dans la même pièce. Celui qui est entre le cuisine et les toilettes convient très bien ainsi que la façade, que l’on pourrait imaginer avec davantage d’ouvertures mais tout en lui conservant son caractère protecteur.

Et puis franchement, qui peut avoir l’idée de s’attaquer à  un mur porteur ?

Et bien il en va de même dans l’entreprise. Il faut bien sur supprimer les murs qui empêchent la circulation, l’échange, la vie, qui sont en contradiction même avec des principes de facilité, d’efficacité, d’agilité…mais conserver tout ce qui est soit porteur, soit protecteur.

Ce qui signifie, de manière concrête, que l’entreprise a tout intérêt à  prendre les devants et à  organiser son « espace interne » dans des projets cadrés, correspondant à  des enjeux clairs, avec des communautés définies. Elle aura alors tout à  gagner de son passage au social computing.

Car le seul risque, s’il en existe un, est d’ignorer la chose et laisser, de fait, la possibilité aux collaborateurs de monter des projets « sous le radar », voire sur des plateformes externes à  l’entreprise (merci la sécurité des données), car dans ce cas on est jamais à  l’abris de toucher un mur porteur.

C’est la passivité qui est source de risque en la matière, pas le changement maitrisé et anticipé.

Bertrand DUPERRINhttps://www.duperrin.com
Head of People and Operations @Emakina / Ex Directeur Consulting / Au croisement de l'humain, de la technologie et du business / Conférencier / Voyageur compulsif.
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