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Effet Hawthorne, productivité du social computing et double budget

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Un titre bien indigeste et difficilement compréhensible pour matérialiser le lien que j’ai vu s’établir entre trois faits totalement indépendants dont je me suis dit un beau matin qu’ils avaient quelque chose à  voir les uns avec les autres.

De quoi parlons nous ?

Effet Hawthorne : fruit d’une « expérience » d’Elton Mayo dans une usine située à …Hawthorne, et concernant la productivité. Mayo a pris un groupe d’employés et a amélioré leurs conditions de travail (plus de pauses, moins de monotonie…) et la productivité à  augmenté. Puis on a lentement laissé se dégrader ces conditions jusqu’à  revenir à  la situation originalle (voire pire). Et logiquement la productivité a …augmenté. Conclusion : dès lors qu’un groupe a l’impression que l’on s’occupe de lui, qu’il est pris en compte (ici ils participaient à  une expérience), il s’investit d’autant plus dans son travail.

Productivité du social computing : grand sujet de réflexion chez les « penseurs » de l’entreprise 2.0 et d’inquiétude chez le manager X. Concept dans lequel on trouve pele-mêle l’idée selon laquelle le social computing dès lors qu’il demande ne serait-ce que 5 minutes par jour est un frein à  la productivité, qu’il s’agit (pour d’autres) d’un enjeu stratégique donc qu’il faut lui allouer du temps, que de toute manière il s’agit d’une réalité qui aura de toute manière lieu sous le radar donc qu’il vaut mieux officialiser pour en tirer les plus grands bénéfices…et j’en passe. Un clin d’oeil également à  la vidéo de Louis Schweitzer…car communiquer différemment c’est également prendre un peu plus de temps pour le faire afin d’être plus ouvert sur son environnement et émettre davantage de signaux qualitatifs.

Le double budget : idée avancée par Peter Drucker (Management Challenges for the 21st Century) selon laquelle l’entreprise devant à  la fois gagner de l’argent aujourd’hui et préparer l’avenir elle doit non pas opérer sur un budget unique mais sur deux budgets distincts, l’un représentant 20% du montant global et étant intouchable, incompressible quelle que soit la situation de l’entreprise et concernant l’innovation. Celà  part de l’idée que seule l’innovation prépare les gains de demain, et que l’innovation porte ses fruits sur la durée. Il ne faut donc pas que l’on supprime ce budget en disant « cela n’a pas amené grand chose cette année ».

Vous commencez à  voir où je veux en venir ?

Rentrer dans une logique de social computing (ou passer à  l’entreprise 2.0) signifie dans un premier temps « tenter une expérience » mais surtout, sur le long terme et de manière profonde, donner de l’attention et de l’importance au capital humain. Un premier élément qui permet de penser qu’à  terme l’impact sur la productivité sera positif. J’ajouterai également que le social computing est essentiel à  la productivité des knowledge workers et que s’y refuser est justement le meilleur moyen de ne pas exploiter tout le potentiel de cette catégorie de salariés essentielle à  la création de valeur dans le monde actuel et dont les effectifs vont crescendo. Je vous renvoie encore une fois à  cette note de Pascal Veilleux pour vous en convaincre. Je rappelle également que le lien entre la proctivité, la valeur créée et le temps passé n’est plus linéaire. L’équation CA = f(temps) n’est plus qu’un vieux mythe et se voiler la face est tout sauf gage de pérénité.

Ce qui peut traumatiser c’est l’impact temps / investissement, c’est à  dire grosso modo se dire que si on paie les individus pour travailler x heures on veut a minima que ces x heures impactent le CA. L’individu n’a qu’à  social-computer hors de ces heures (tiens cela tombe bien il est au souvent cadre au forfait). Tout n’est qu’histoire d’indicateurs : impactez 80% de la masse salariale sur le budget de fonctionnement et 20% sur le budget innovation et tout ira bien, le manager local en aura pour son argent et au niveau global l’entreprise favorisera son innovation distribuée pour préparer l’avenir.

Notre bon vieux Elton Mayo serait fort surpris de se voir associé à  Peter Drucker dans une réflexion sur le social computing dans l’entreprise du XXIe siècle.

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Bertrand DUPERRINhttps://www.duperrin.com
Head of Employee and Client Experience @Emakina / Ex Directeur Consulting / Au croisement de l'humain, de la technologie et du business / Conférencier / Voyageur compulsif.
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