De la répétition à  la différenciation

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L’entreprise peine à  appliquer la « 2.0 attitude » pour la simple et bonne raison qu’elle adresse un champ pour l’instant non (ou peu) exploré par les organisations. Dès lors que la nouveauté concerne un domaine que l’on n’exploite pas, pourquoi donc essayer de la comprendre vu qu’elle ne s’applique pas à  ce que l’on fait. Dès lors la question est davantage de sensibiliser à  la nécessité d’explorer d’autres gisements de performance, de savoir etc. pour faire face à  ces enjeux nouveaux qu’adopter des outils ou des pratiques qui ne correspondent pas à  nos focus du moment.

Comme je l’ai lu dans Social Media, il faut avant tout s’intéresser à  cette sphère nouvelle plutôt que l’évaluer avec nos certitudes actuelles. En fait toute la discussion sur l’entreprise 2.0 tient en une phrase : savoir prendre en compte la différenciation là  où seule la répétition nous obsédait.

Je parle bien de prise en compte car il n’est pas question de remplacement, mais de complémentarité. Et cela se décline à  de nombreux niveaux.

Les tches

Héritage de l’ère industrielle, nos organisations sont faites pour répêter à  l’infini une même tche, un même produit. Bien sur tout n’a pas changé du tout au tout et cela reste nécessaire, voire essentiel. Mais les tches « non répetables » sont de plus en plus nombreuses, plus encore, elles concernent une part de plus en plus essentielle de la création de valeur. D’où la nécessité, non pas de jeter nos bons vieux process aux orties, mais de se doter également d’un mode de fonctionnement susceptible de traiter ce nouveau type d’opération, là  où la performance vient de la connexion des connaissances et des individus et où la lumière jaillit du hasard et non de la planification. Ce que l’on appelle par ailleurs serendipité. Tant que vous réflechissez à  la question jetez donc un oeil à  cette note qui présente la chose fort intelligemment en distinguant entre ERP (Easily repeatable process – process facilement répétable) et BRP (barely repeteable process – process difficilement répétable).

Mais en aucun cas ne commettez l’erreur qui a raison de toutes les bonnes idées : tout cela doit marcher de concert, pas question de bulles étanches ou remplacement de l’un par l’autre.

Les outils, l’intranet

Là  encore, j’entend souvent la question « je dois refaire mon intranet…mais je fais un intranet 1.0 ou 2.0 ? ». Ce qui revient à  se demander : « dois-je choisir l’hémiplégie (et si oui de quel coté) alors que je peux choisir de jouir de l’intégralité de mes capacités ». En la matière je préfère éviter de qualifier un intranet de 1.0 ou 2.0 et me référer à  la vision qui a prévalu à  sa construction. Tout dépend de ce que l’on veut que l’intranet fasse. Contrairement à  ce qui se dit çà  et là , je ne pense pas que l’intranet traditionnel soit à  jeter aux orties, il montre simplement ses limites lorsqu’on veut lui faire faire ce pour quoi il n’est pas fait. De la même manière le 2.0 n’est pas fait pour une communication normée et descendante et servir de simple repository. Faites donc un intranet, tout court, qui correspond à  vos besoins : et là  vous vous rendrez compte qu’il vous faudra associer les deux. « l’Internet est utilisé prinicpalement pour connecter les gens « vivants » et moins pour faire circuler de l’information « morte »  » citait Cathy Nivez dans un de ces derniers billets. Sans dire qu’il existe d’information « morte » en entreprise, le fait est qu’il existe une information statique et une information dynamique. Si l’intranet classique a pour vocation de stocker et diffuser la première, l’intranet « 2.0 » comme l’internet a vocation de connecter les individus par le biais de cette information dynamique, vivante.

Le management

Si l’on applique les deux premiers points, on se rend vite compte que le management risque de « bouger ». Et alors ? On craint de sortir des sentiers battus ? De ne plus faire comme l’on fait depuis des années ? Peu importe tant que l’on adopte la formule qui marche à  la fois par rapport aux besoins de l’entreprise et des collaborateurs non ? Cela tombe bien : votre DRH s’échine à  séduire les « digital natives », à  tirer le meilleur parti de leurs spécificités…

L’histoire et la lecture des grands gourous du management ne prouvent qu’une chose : il n’est de recette magique qui s’applique partout ni de recette qui ne marche indéfiniment. Alors sachons nous différencier des autres et en faire un atout. C’est ce qui permet de créer, de plus, un avantage concurrentiel durable et, surtout, unique.

La marque employeur et la culture d’entreprise

Cela recoupe quelque peu le point précédent mais il faut prendre conscience d’une chose : l’entreprise doit se différencier, sur tous les points de vue. Souvenez vous des années 80/90 : les entreprises se devaient d’être comparables en tout point, notamment car cela rassurait les marchés. Toutes choses égales par ailleurs, il devenait moins risqué de comparer deux entreprises pour y investir. Changement de tendance ces dernières années : on demande aux entreprises de se différencier de leurs concurrents par leur image, leurs produits, leur culture…car c’est à  cette seule condition que l’on peut vraiment se distinguer sur le marché. Là  encore l’occasion est belle…

Le sujet peut se décliner à  l’infini et de manière plus aboutie mais le constat est là  : il s’agit non plus de cloner l’existant à  l’infini mais de prendre en compte ce qui n’est pas normalisable, ce qui fait qu’on sortira des sentiers battus, bref de creuser son propre sillon et faire preuve de serendipité.

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Bertrand DUPERRINhttps://www.duperrin.com
Head of Employee and Client Experience @Emakina / Ex Directeur Consulting / Au croisement de l'humain, de la technologie et du business / Conférencier / Voyageur compulsif.
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