Comment btir une communauté commerciale ?

J’avais mis dans mon « radar » cet article de Jean-Marc Bellot sur « comment btir une communauté commerciale« , espérant avoir d’y revenir et de lui laisser un commentaire. Le hasard faisant bien les choses j’ai croisé Jean-Marc hier et nous avons abordé le sujet de manière plus globale le temps d’un café avons échangé par mail plus tard dans la soirée. Il m’a demandé l’autorisation de publier mon mail en commentaire, et je vous invite à  aller vous mêler à  la discussion.

Désolé pour le style télégraphique du mail en question…disons que j’ai répondu très très tard dans la nuit.

J’ajouterai une dernière chose : je ne pense pas qu’on puisse btir une communauté. On peut créer le terreau fertile sur lequel elle va grandir mais on ne peut décréter sa création. Ou plutôt si : on peut décréter que des individus forment une communauté, mais on en fera jamais une communauté vivante de cette manière. Or une communauté qui ne vit pas est sans valeur, à  la fois pour ses membres et pour l’entreprise qui la met en place. Je dirai plutôt qu’il faut mettre en place tout ce qui permet aux individus ayant un intérêt commun de se regrouper et de construire quelque chose. Et les autres me direz vous ? Et bien travailler à  faire naitre chez eux un intérêt partagé avec les premiers nommés. Et pour cela identifier leurs moteurs dans le cadre de l’organisation. Qu’est ce qu’il fait qu’ils vont ou non s’investir, donner un peu de leur temps, de leur expérience ?

J’aurais bien une esquisse de solution : partir avec les premiers et agir sur la cooptation d’une part, et sur le besoin de participer créé par l’envie, la rareté où ce que vous voulez pour agrandir le cercle.

Ne soyons pas hypocrites : tous ceux qui « sont supposés » s’emparer d’un sujet mais n’en ont, personnellement, que faire, sont inutiles à  un tel groupe et sont même des poids morts qui géneront l’avancée des autres. Alors quitte à  ce que leur apport soit nul autant faire en sorte qu’il ne soit en tout cas pas négatif. Si ce constat vous déçoit regardez donc ce qui se passe si vous réunissez votre « communauté présumée » de 100 personnes dans un amphitheatre. Qui va participer, prendre la parole, s’exposer, faire avancer, stimuler ? Toujours les mêmes. Et gageons qu’eux connaissent des personnes qui aimeraient bien faire partie de la réunion mais n’ont pas été identifiés. Et ces derniers auront plus leur place que ceux qui sont là  parce qu’il faut bien l’être. Gageons également que certains qui passeront devant la porte et verront un écriteau « séminaire sur…. Accès réservé » se diront « c’est un sujet qui m’intéresse mais bien sur on m’a oublié…dommage ».

Pour créer de la valeur peu importe le nombre, la fonction, le titre. C’est l’intérêt, l’envie de faire avancer les choses (quelque soit sa motivation, qualitative, pécuniaire…), l’envie de faire partie de ce groupe lié par un sujet, un objectif qui est déterminant. Alors on ira plus loin avec 50 rameurs et 10 spectateurs qu’avec 10 rameurs qui trainent 90 passagers. C’est en regardant la réalité en face qu’on crée ainsi de la valeur plutôt que gaspiller de l’énergie voire, pire, de l’argent.

Une dernière chose : ceci n’est en aucun cas une critique à  l’égard des dits « passagers ». C’est plutôt à  l’organisation de se demander comment les intéresser ou s’il n’y a pas un autre sujet sur lequel ils seraient, cette fois ci, capables et désireux de prendre le leadership. On en revient aux questions du « sens » et de l’alignement. Basique mais si souvent oublié.

N’oublions pas une chose : toutes ces communautés qui font des miracles sur internet n’ont pas été créées, elles se sont construites, sans autre volonté que celles de leurs membres et sans l’intention de construire une communauté, seulement la volonté d’avancer ensemble sur une problématique ou un sujet partagé. On ne peut que constater leur existence mais en aucun cas décréter leur naissance ou leur fin.

Bertrand DUPERRINhttps://www.duperrin.com
Head of Employee and Client Experience @Emakina / Ex Directeur Consulting / Au croisement de l'humain, de la technologie et du business / Conférencier / Voyageur compulsif.

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