L’hypocrisie des pertes dues aux réseaux sociaux alors que l’email coute 650 milliards de dollars

Il ne se passe pas un mois sans qu’on nous fournisse un nouveau chiffre sur les pertes dues à  l’utilisation des réseaux sociaux par les employés des entreprises.

Des chiffres à  prendre avec précaution.

Tout d’abord parce qu’on ne sait que calculer le rapport entre le temps de connexion à  un service par rapport au coût horaire du salarié ce qui ne reflète aucune réalité tangible. Cela part du principe qu’un individu connecté sur une de ces plateformes ne travaille pas alors même que pour beaucoup d’entre eux linkedin, par exemple, est un outil de travail. De manière générale tout ce qui est générateur de réseau et permet d’accroitre l’écosystème informel de l’individu peut avoir des retombées positives sur le travail de l’individu. On ne déclenche pas des opportunités, on n’apprend pas, on ne benchmarque pas en se regardant le nombril.

Ensuite parce qu’on ne peut que déterminer le temps de connexion. J’ouvre facebook à  9h du matin, je passe à  autre chose à  9h05, j’éteins mon poste à  19h05…et on en déduira que j’y ai passé 10 heures car la connexion a durée ce temps. Pour 5 minutes d’utilisation. Si c’est plus c’est pour avoir un échange professionnel (avec un réseau de collègues, de pairs par exemple), ce chiffre ne veut rien dire.

Enfin parce qu’on peut légitimement se demander si ce besoin de sortir du périmètre de l’entreprise pour avoir un certain type d’échanges ne relève pas pour partie du fait que les outils permettant ce type de pratiques ne sont pas disponibles au sein de l’organisation.

En attendant tout le monde se moque des pertes générées par des outils de travail parfois mal adaptées et souvent mal utilisées. Tout le monde ou presque : le Churchill Club à  San Francisco vient de déclarer l’email « problème de l’année ». C’est tout de même 650 milliards qui s’envolent grâce à  lui chaque année sans que l’on y trouve à  redire car il s’agit d’un outil « maison » donc respectable, lui. Ajoutons que cette perte de productivité est le plus souvent due à  des véritables campagnes de spam émanant, au sein même de l’entreprise, de ceux qui s’inquiètent de la productivité de leurs salariés.

Bertrand DUPERRINhttps://www.duperrin.com
Head of Employee and Client Experience @Emakina / Ex Directeur Consulting / Au croisement de l'humain, de la technologie et du business / Conférencier / Voyageur compulsif.

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