Article précédentBookmarks du 05/30/2008
Article suivantBookmarks du 05/31/2008

Avec l’entreprise 2.0 on fait du vieux avec du neuf…

Au moment de dire « c’est quoi l’entreprise 2.0 » on peut être rêveur ou pragmatique. Je n’ai rien le fait contre vouloir réinventer l’entreprise mais je vois difficilement quels objectifs on peut se fixer en la matière. Quel que soit le « mission statement » d’une entreprise, fut il « changer le monde » ou « donner la meilleure expérience possible », le but demeure de vendre et générer des bénéfices. Un Renault 2.0 continuerait à  avoir pour objectif de vendre des voitures, un Air France 2.0 de vendre des déplacements, un IBM 2.0 de vendre du matériel, du soft et du service. Partant de là  on est bien amenés à  conclure que l’entreprise 2.0 ne réinvente pas l’entreprise qui n’est jamais que les hommes, les moyens et l’organisation mis au service d’un but. Pour vendre des voitures il faudra toujours les créer, les concevoir, les (faire ?) fabriquer et en organiser la distribution. Logique réplicable partout. En terme de réinvention de l’entreprise ça ne laisse finalement guère de marge, en tout cas pour les fondamentaux.

Ce qui va changer, par contre, c’est davantage la manière dont fait les choses et la manière dont on tire le meilleur parti d’un carburant nouveau : l’information.

Manière dont on fait les choses car il faut réagir plus vite, connecter des expertises le plus souvent pointues et dispersées, résoudre des problèmes plutot que « faire des choses », ne plus répliquer à  l’infini les mêmes choses mais être en mesure d’apporter des solutions chaque fois nouvelles et des problèmes chaque fois nouveaux.

Manière d’utiliser un carburant nouveau car l’information, la connaissance (la sienne mais surtout celles des autres) sont au cœur d’un mode de travail orienté vers la résolution de problème. Et force est de constater qu’en matière de captation, disponibilité et accès à  ce qu’on peut appeler la mémoire d’entreprise on est loin du compte. Dans l’identification des personnes à  même de donner l’information utile également.

Je souscrit donc totalement à  ce que dit Jay Deragon : ce n’est pas tant sur le « quoi » que sur le « comment » qu’il va donc falloir agir. Ce qui n’est pas également sans nous rappeler que les outils sociaux sont des outils avant même d’être sociaux et, comme le mentionne Jay dans sa note, qu’un des facteurs essentiels de succès est de positionner les outils par rapport à  la manière dont on travaille au quotidien. L’occasion également de rappeler que si votre projet « social média » n’est pas aligné avec votre stratégie il n’apportera guère de valeur, manière polie de dire que toute l’énergie et l’argent investis l’auront été en pure perte. Comme le disait Alain Fernandez à  propos d’autres types de projet (mais cela est également d’actualité ici) :

En aucun cas, un projet de ce type ne peut être entrepris après en avoir découvert le besoin par hasard, en croisant un consultant persuasif ou un client exigeant.

Piloter les projets « social média » et « entreprise 2.0 » en les asservissant au support des fonctions traditionnelles de l’entreprise est donc essentiel pour différentes raisons : on peut en évaluer l’apport de manière désormais tangible, on visualise clairement le cheminement entre le projet, la manière de travailler au quotidien les enjeux financiers, on agit là  où ça a du sens en fonctionnant par objectifs et non en attendant que les choses se passent, on met les outils au service de vrais projets (sinon ils ne servent à  rien), et on évite la piège habituel qui est de confondre les buts et les moyens.

Ce qui nous ramène, en passant, aux cartes de stratégie.

Bref l’objectif n’est pas de tout changer, mais simplement de faire mieux ces choses qu’on fait depuis que l’entreprise est entreprise.

Bertrand DUPERRINhttps://www.duperrin.com
Head of Employee and Client Experience @Emakina / Ex Directeur Consulting / Au croisement de l'humain, de la technologie et du business / Conférencier / Voyageur compulsif.

Derniers articles

Vous avez aimé ce billet ? Suivez moi sur les réseaux sociaux :