SOO et réutilisabilité des savoirs = productivité

Je vous livrais il y a peu une ébauche de réflexion sur ce que j’appelle SOO ou Organisation Orientée Service. Un récent billet d’Oscar Berg, sur la SOA celui-ci, me donne quelque matière à  réflexion qui ne font que conforter mon idée.

Selon lui il importe d’insister sur la notion de réutilisabilité qui est le socle de l’architecture orientée service. Il faut donc, en amont d’isoler les services qui ont vocation a être réutilisés par autres afin d’en faire des composants qui serviront de socle à  l’ensemble.

Appliquant le même principe à  l’organisation, à  l’information et aux compétences, il s’avère qu’il est impossible de savoir à  l’avance ce qui peut être réutilisé. Ou de manière parcellaire seulement. Ce qui implique de fonctionner quelque peu différemment.

Idéalement on mettra en place un système capable d’isoler les savoirs réutilisables et les transformer en matière « solide », inscrites dans le marbre, via un processus de solidification de l’information gazeuse. Ce qui impose à  l’entreprise de se doter de « chasseurs de bonnes pratiques ».

Mais il y a aussi ce que j’appelle les pépites, ce qui a priori est trop spécifique ou pas assez stratégique pour être généralisé mais qui peut toujours un jour servir à  quelqu’un, sachant également que la valeur de l’information est très relative : ce qui est de l’or pour certains étant de la boue pour d’autres et vice-versa.

Ce qui rend bien nécessaire la possibilité pour des individus d’identifier par peux mêmes ce qui aurait échappé au processus de formalisation précédemment cité. Lesquelles pratiques nécessitent, de fait, une disponibilité totale de l’information « liquide » (donc sa publication) et la possibilité d’aller solliciter le détenteur de l’information concernée. L’homme sera en effet au cœur des processus de recherches futurs, comme je le disais déjà  ici.

Ceci dit la notion de réutilisabilité me semble véritablement centrale dans la gestion des savoirs, des expertises. On sait ce que coute à  l’entreprise le fait de devoir sans cesse réinventer la roue, le fait pour un manager de partir à  la pêche à  l’information et solliciter ses alter egos afin d’aider un de ses collaborateurs parce que ce dernier ne peut le faire lui-même (après ça on s’étonne que le manager ait la tête sous l’eau et ne puisse remplir sa fonction première). On sait également ce qu’elle perd lorsque l’expertise de certains de ses collaborateurs ne peut être diffusée aux autres (qui ne progressent ainsi pas) ni être capitalisée et ainsi intégrer son patrimoine. La vraie perte de productivité est ici.

Comme le dit Oscar, la réutilisabilité doit être affichée comme un objectif final.

Arrêtons de gcher nos ressources (humaines), réutilisons.

Bertrand DUPERRINhttps://www.duperrin.com
Head of Employee and Client Experience @Emakina / Ex Directeur Consulting / Au croisement de l'humain, de la technologie et du business / Conférencier / Voyageur compulsif.

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