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Une fois qu’on aura outsourcé les savoirs, l’entreprise ne servira plus qu’à  coordonner des expertises

Je disais dans cet ancien article qu’à  terme l’entreprise ne servirait peut être plus qu’à  organiser une chaine de valeur, à  coordonner des expertises dont certaines seront internes et la grande majorité externe. La « knowledgisation » de l’économie ou le capital réside dans les savoirs individuels, des coûts de transaction quasi nuls qui risquent d’entrainer une application inversée de la loi de Coase, et la possibilité de s’organiser en dehors de l’organisation sont autant de raisons qui laissent à  penser que l’entreprise n’aura bientôt plus qu’un rôle de donneur d’ordre et de fédérateur d’expertises.

Je ne reviendrai pas sur la longue liste, déjà  citée par ailleurs de tout ce qui est déjà  externalisé ou externalisable aujourd’hui, du recrutement à  l’innovation en passant par la fabrication, la facturation, et en allant parfois jusqu’à  la R&D.

Heureusement l’entreprise garde l’essentiel : les savoirs, les expertises. Peut être plus pour longtemps.

Si je vous parle de KPO cela évoque quelque chose pour vous ? Non ? Et bien sachez qu’après le Business Process Outsourcing, voici venir le Knowledge Process Outsourcing.

Si personne n’en parle, en tout cas officiellement, dans les entreprises, sachez bien que les grands bénéficiaires de l’opération sont déjà  en train de s’organiser et faire leurs (juteux) comptes.

Et le phénomène sera d’autant plus important qu’il ne s’agit pas juste d’un enjeu business pour quelques entreprises mais d’un enjeu de développement territorial à  un niveau quasi continental, avec des entreprises qui sont prêtes, des compétences à  profusion et des gouvernements qui comptent bien profiter de la révolution de la connaissance pour construire leur prospérité de demain, de la même manière que nos pays ont profité de la révolution industrielle.

Je parle bien entendu de l’Inde qui compte bien profiter de cette tendance (en progression de 46% par an) pour se positionner en leader sur un marché qui vaudra déjà  17 milliards de dollars pas plus tard qu’en 2010 et mettre la main sur pas moins que 12 de ces 17 milliards.

Cet excellent article liste même les activités concernées, qui représentent les activités à  forte valeur ajoutée de tous les secteurs économiques

Research & Development
Business and Technical Analysis
Learning Solutions
Animation & Design
Business & Market Research
Pharmaceuticals and Biotechnology
Medical Services
Writing & Content Development
Legal Services
Intellectual Property (IP) Research
Data Analytics
Network Management
Training & Consultancy

On peut également aller voir à  Harvard comment les Indiens tirent un « Intellectual Profit » à  l' »Intelectual Partnership » là  où Américains et Européens ne ressentent qu’une « Intelectual Paranoà¯a » et comment ils remplacent notre traditionnelle R&D (Recherche et développement) par le « Connect And Develop » pourtant issu, au départ, de chez Procter & Gamble. Où l’art de dépoussierer les concepts de l' »Intelectual Property ».

Quelles conséquences ?

apprendre à  vraiment fonctionner en réseau (interne comme externe) pour rester compétitives dans ce monde qui s’annonce

maximiser l’exploitation des réseaux et savoirs internes (là  on part de très loin) afin que le recours au KPO ne soit que marginal. Voir nos entreprises se tourner vers l’exterieur et se séparer de leurs talents internes car elles ne savent pas en tirer la quintescence serait un véritable gachis humain et peut être un drame économique pour nos « vieux pays ».

Sur ces deux premiers points qui parle de SOO ? 😉

orienter la formation de nos étudiants vers ces secteurs capitaux afin de rester compétitifs sur les besoins stratégiques des entreprises du monde entier. Ce qui suppose également que dès le début de leur scolarité on mette l’accent sur ce qui compte afin que nos étudiants soient à  même d’intégrer les filières qui dispensent ses formations (et sans galvauder le niveau de celles-ci)

et plutôt que jouer la défensive, exploiter l’excellence de certaines de nos formations reconnues au niveau mondial afin d’être bénéficiaires du système. L’expertise est là , faisons en sorte que nos coûts nous permettent d’être compétitifs et développons l’infrastructure nécessaire (le fameux très très haut débit).

What else ?

Bertrand DUPERRINhttps://www.duperrin.com
Head of Employee and Client Experience @Emakina / Ex Directeur Consulting / Au croisement de l'humain, de la technologie et du business / Conférencier / Voyageur compulsif.

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