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Sait on encore ce qu’est une entreprise ?

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Je ne me souviens plus de la définition de l’entreprise que m’ont donné mes professeurs au lycée…trop compliquée et abstraite. Ni de celles qu’on a pu me donner par la suite.

Une chose est sure : on s’est toujours concentré sur l’aspect structurel, l’entité économique et juridique. Cette vision « orentée entité » nous amène à  construire des murs autour de l’entreprise, comme pour la protéger. Et des murs en son sein. Avec le succès que l’on sait.

On se rend compte que c’est de moins en moins vrai : la notion d’entreprise étendue est venue compliquer la donne. Et que dire de la « social company » de ce début de siècle qui associe ses clients, ses fournisseurs et le grand public à  son évolution ? Et que dire alors de l’organisation sans organisation de Shirky ?

Dans ma vision des choses j’ai toujours vu l’entreprise comme la coordination de moyens matériels et humains au service de l’atteinte d’un objectif. Ce qui se rapproche d’avantage de la définition « générale » que nous donne wikipedia et dont l’entreprise dont nous parlons en général n’est que la déclinaison économique.

Au sens large, le terme entreprise s’utilise pour des projets uniques mais d’apparence risquée ou difficile (par ex : un grand * voyage, une recherche scientifique…) car il y a un effort entrepris.

Etymologiquement, le terme dérive de « entreprendre », daté d’environ 1430-1440 avec le sens de « prendre entre ses mains ». Aux environs de 1480, il prit l’acception actuelle de « prendre un risque, relever un défi, oser un objectif ».

Je préfère de loin cette définition orientée objectif car elle permet d’oter les oeillères qui bloquent la « socialisation » de l’entité. Et rappellent que l’objectif est bel et bien le projet et que la structure denommée « entreprise » n’est pas une fin en soi mais un moyen. C’est en oubliant parfois cela que certains dirigeants ou simples managers mênent l’entreprise sur la voie de la sclérose en privilégiant la préservation de l’existant plutôt que le progrès nécessaire à  l’atteinte des objectifs. Je ne parle pas ici des objectifs individuels mais du but ultime qui a justifié l’entreprise.

Chez nos amis anglo-saxons la question se pose d’une autre manière. Sur Infovark, Gordon Taylor manifeste son ras le bol du mot entreprise en faisant à  juste titre valoir qu’il méconnait la réalité humaine qui se cache derrière. J’allais lui répondre peu ou prou ce que je viens d’écrire dans ce billet avant de me rendre compte qu’à  ma connaissance, en anglais, il me semble que les mots « entreprendre » et « entreprise » n’existent que dans leur acception économique et pas avec le sens plus global que j’évoquais plus haut. Alors c’est sur, si l’entreprise ne peut être vue que sous l’angle de l’entité et non sous celui de projet on risque fort de souvent oublier qu’il y a également des gens derrière.

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Bertrand DUPERRINhttps://www.duperrin.com
Head of Employee and Client Experience @Emakina / Ex Directeur Consulting / Au croisement de l'humain, de la technologie et du business / Conférencier / Voyageur compulsif.
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