Le changement qui ne pouvait arriver. Et pourtant…

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Le monde économique est en train de connaitre quelques turbulences mineures, entrainant quelques légères faillites, le tout provoquant une vague sensation de vide chez nombre d’acteurs et d’observateurs.

Que s’est il passé ?

Des pratiques totalement légales. Dont on pouvait deviner toutefois les effets néfastes si on les poussait à  leur paroxysme. « Vous inquiétez pas, on sait faire, on connait les limites »

Toujours plus. Pourquoi se contenter de prendre 7 quand on peut prendre 10 ? Parce que les 3 qu’on prendra en plus empêcheront de reprendre 7 l’an prochain. « Demain est un autre jour…j’ai des objectifs pour ce soir monsieur ». « Et si tu les atteins ? ». « Et bien on me demandra plus demain ». « Tu trouves ça logique ? ». « On a toujours fait comme ça ? ». « Oui…et on a vu comment ça a toujours fini ».

Déporter le risque. J’optimise mon optimal local sans avoir rien à  faire des équilibres au niveau macro. Je passe la « patate chaude » aux autres, je fais mes résultats, et les autres n’ont qu’à  en faire de même. Mais la patate chaude finit par exploser dans les mains de quelqu’un et je me rend compte tout d’un coup que la réussite des autres conditionne la mienne, que l’effondrement d’un partenaire ou d’un concurrent entraine également le mien.

Des prémices, et des avertissements. On a rien découvert ces dernières semaines, cela fait des années que les symptômes étaient montrés du doigts, que la maladie était là , il suffisait d’attendre qu’elle devienne incapacitante…ou de soigner le malade. « Vous avez raison, il y a un moment ou le moteur explose, on ne peut courir le 100m en zéro seconde, il faudrait plus de responsabilité dans la recherche du résultat. Ce serait un monde idéal, qui permettrait une croissance durable et stable plutôt qu’un fonctionnement par a coup qui permet de gagner beaucoup plus vite mais où les périodes de creux sont dévastatrices. Mais ne rêvez pas, ce ne sont que de nobles idées. On ne peut pas changer parce que les choses sont comme ça. On a toujours fait comme ça, donc il n’existe pas d’autre modèle possible. »

Les cassandres ne peuvent avoir raison. Parce que le système qui est le seul que nous avons connu a toujours existé et il existera toujours. Il est indestructible. Vous imaginez les plus grandes banques faire faillite ? Wall Street à  la rue ? L’état obligé de tout racheter ? Arrêtez de rêver mon bon monsieur. C’est tout simplement impossible. Et comme c’est impossible, tout votre raisonnement s’effondre. Donc il est inutile de changer. « Le Titanic était supposé être insubmersible non ? « . « Mais Titanic c’était un film ! ». Un peu de culture et de réflexion ne feraient pas de mal dans le business.

Et chacun sait ce qu’il en est advenu. Ca ne pouvait pas arriver. Et pourtant.

Ca ne vous rappelle rien ? Quelque chose de beaucoup plus proche de nous au quotidien.

Comme le dit très bien Umair Aque il faut réeventer la manière dont on fait des affaires, ce qui ne sera pas sans impact sur celle dont on travaille. Nouveaux buts, prise en compte de nouvelles réalités, nouveaux objectifs ne pourront qu’impacter le travail quotidien des collaborateurs.

Ca n’est plus une question de business model, de stratégie, de process, c’est une question de paradigm. Comme le dit Aque, il faut mettre du sens dans les affaires. Non plus seulement dans le travail quotidien des collaborateurs, ce qui était déjà  loin d’être le cas, mais un sens collectif, quelque chose qui fait de l’homme autre chose qu’un maillon dans une chaine d’exécution, une ressource purement productive. Sinon l’histoire se répètera.

Apprendre à  vivre donc dans un monde d’interdépendance où le résultat ne sera que collectif, l’échec également, et construire l’organisation qui va avec donc. Et où tirer sur la corde impactera à  la fois les autres et soi-même par ricochet.

C’est donc l’ADN de l’entreprise qui est à  réiventer. L’ADN parlons en. Comme le disait Hamel dans « The Future of Management« , ou « La Fin du management : Inventer les règles de demain » si vous préférez la version française, l’entreprise va devoir profondément changer, mais le changement ne faisant pas partie de l’ADN standard de l’entreprise, il y a celles qui s’en sortiront et celles qui devront percuter le mur pour s’en rendre compte. En espérant qu’elles s’en remettent. Cela ne vous rappelle rien ?

Regarder les causes énumérées plus haut. Doit on penser qu’elles produiront, ailleurs, les mêmes effets ?

PS : ne vous attendez pas une seconde à  ce que la solution soit de déporter cette responsabilité sur les collaborateurs : c’est à  l’organisation de changer, pas aux hommes.

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Bertrand DUPERRINhttps://www.duperrin.com
Head of Employee and Client Experience @Emakina / Ex Directeur Consulting / Au croisement de l'humain, de la technologie et du business / Conférencier / Voyageur compulsif.
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