Pendant la crise les réseaux sociaux continuent

Voici une preuve manifeste qu’à  l’heure de prédire la fin de certaines tendances il faudrait avant tout s’interroger sur le but des choses. En gros avant de prédire la fin d’une génération d’outils et services a peine nés il importe avant de tout de se demander quelle est leur utilité, leur valeur. Car crise ou pas crise on sera davantage enclin à  payer pour un service utile qu’utiliser gratuitement un service inutile alors qu’on pourrait faire quelque chose de plus productif à  la place.

L’exemple de LinkedIn est édifiant sur ce point. D’accord la levée de fonds était bouclée depuis aout, mais tout de même. C’est tout simplement la preuve que lorsqu’un service délivre une réelle valeur pour laquelle un certain nombre d’utilisateurs sont prêts à  ouvrir leur porte monnaie l’avenir est tout de même plus rose. Qui paierait pour utiliser Facebook ? Ou twitter ? Certainement pas moi.

Tom Davenport que j’apprécie pour souvent ramener les choses à  leur juste valeur se demandait si, crise oblige, les individus n’allaient pas s’éloigner d’un web 2.0 ludique pour revenir aux fondamentaux et délaisser ces services. Pour une fois je ne suis pas d’accord avec lui. Ou partiellement.

Depuis qu’on nous repête chaque matin que le monde s’effondre ma boite mail et mon téléphone connaissent un net sucroit d’activité. Un point commun à  tout cela : des gens qui cherchent des gens qui…

Il va me falloir monter une équipe « commando » pour passer les deux prochaines années, tu connaitrais pas quelqu’un qui aurait ce profil ? Je préfère « insourcer » quelques « top guns » car il va falloir se battre dur.

Hé tu connais quelqu’un chez Untel ? Impossible de les toucher en ce moment mais il me faudrait vraiment un contact ?

On est en short list chez un client et là  c’est vraiment dur. Tu connais bien le décideur tu pourrais le rassurer sur notre fiabilité ?

Dis tu as des nouvelles d’untel ? Ca fait des années que je l’ai perdu de vue et là  j’aurais bien besoin d’un petit de coup de pouce. Il travaille toujours chez Truc hein ? Tu as gardé le contact avec hein ? Tu sais comment le joindre ?

Discussion de fin de semaine avec des amis commerciaux. « Bon on est tous dans des entreprises différentes, non concurrentes, ce serait bien qu’on s’organise pour se repasser les bons tuyaux quand on voit une opportunité pour l’un d’entre nous chez un de nos clients respectifs ». Petit sourire en coin de ma part…je n’avais jamais réussi à  les convaincre de l’utilité d’une logique de réseau. « Quand on est bon on a pas besoin des autres pour vendre ». Sauf en temps de crise.

Bref on redécouvre l’intérêt d’avoir un réseau large, entretenu et à  jour. Qu’il s’agisse de contacts extérieurs à  l’entreprise ou même de ses propres collègues : il faut aller vite et sauter sur la moindre occasion. Il faut donc se connaitre, échanger, discuter. En interne comme en externe.

J’en reviens donc à  l’ami Davenport. Je ne pense pas qu’il faille raisonner en termes d’outils mais de service. Il prend l’exemple de Second Life (qui avec la maturité acquise par l’expérience est en train de trouver sa propre seconde vie) en disant que les gens n’auront surement plus le temps ni l’envie de s’y balader. Je suis d’accord, sauf pour ceux dont le métier fait que ça leur est indispensable. Par contre des outils qui délivrent à  un vrai service à  finalité professionnelle ont un bel avenir. Il y a les services qui se définissent par leur utilisation et ceux qui se définissent par ce qu’ils permettent : les seconds survivront.

Je n’ai plus le temps ou l’envie d’utiliser ça ou ça, mais j’ai besoin de trouver des contacts, des prospects, des partenaires, et ce plus que jamais. En interne comme en externe. Toute la nuance est là . C’est ce qui différencie les facebook, twitter de Linkedin ou de plateformes de réseaux internes/externes dédiés au monde de l’entreprise.

Ca n’est pas l’outil qui crée sa finalité, en tout cas plus ces temps ci. Mais la finalité appellera toujours l’outil.

PS : J’ai peut être été un peu rapide avec Facebook et twitter. On me disait dernièrement « c’est dur, j’ai pas le moral, finalement ça fait du bien d’avoir un endroit où on se sent avec ses amis, où on prend un bol d’air ». Pas faux non plus. Quoiqu’il en soit, plus les temps sont durs plus le lien prend de la valeur. Qu’on se le dise.

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Bertrand DUPERRINhttps://www.duperrin.com
Head of Employee and Client Experience @Emakina / Ex Directeur Consulting / Au croisement de l'humain, de la technologie et du business / Conférencier / Voyageur compulsif.

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