Faut il cesser d’organiser la transversalité ? L’exemple de Nortel

Nortel vient d’annoncer que l’entreprise allait abandonner sa complexe structure matricielle pour se reconcentrer sur ses business units. L’objectif annoncé est d’agir plus rapidement en prenant les décisions au plus près du besoin du marché. Prendre la décision au plus près du besoin n’est pas sans me rappeler la SOO ou la subsidiarité à  une époque où, mais est-ce une coincidence, je vois des entreprises et non des moindres se reposer la question de l’empowerment dans leur management.

L’article qui m’a servi de source s’interroge sur l’efficacité du retour à  un mode vertical. Qu’en penser ?

A priori le mode matriciel est fait pour ajouter la transversalité à  la verticalité donc si l’on retire le premier il ne reste que le second.

Une autre analyse peut également nous amener à  conclure que ce qui est facteur de lourdeur n’est pas tant la transversalité que la lourdeur de sa mise en place, surtout lorsqu’elle impose un second niveau de coordination qui s’ajoute à  celui nécessaire à  l’organisation de la verticalité. Et lorsqu’un choix s’impose, la production étant par essence verticale on sait donc de quel coté amputer.

Mais absence de transversalité signifie-t-il verticalité ? On peut imaginer (je dis bien imaginer) que le transversalité reste possible mais sous forme de process unique ou d’organisation adhoc lorsque c’est nécessaire, sous une forme de SOO (chaque BU ou chacun de ses propres services serait alors un service potentiellement disponible pour chaque autre) ou de wirearchy.

C’est à  mon avis une question qui mérite d’être posée, où qui se posera dans l’avenir. Tout dépend aussi comment sont structurées les BUs de Nortel mais dans l’absolu la question existe.

Mais quoi qu’il en soit, sans présumer aucunement qu’il s’agisse d’une décision de crise, le fait de rendre de l’autonomie aux acteurs et rapprocher action et décision de l’endroit où les besoins apparaissent et où les écarts entre une production en mode poussé et les attentes du marché et des clients semble être une tendance lourde qui permet de gagner en agilité, en qualité, de supprimer coûts et activités de coordination inutiles et de recentrer les hommes sur ce qui est prioritaire : le client.

Suivant cette logique, si l’organisation de demain est, comme moi et d’autres le pensons, totalement « tirée » par le client, la transversalité ne peut être « efficace » et ne pas être un tue la prodoctivité que dans cette perspective (SOO ou wirearchy). Ce qui explique la suppression de la transversalité « poussée » par l’entreprise.

Beaucoup de zones d’ombres et d’interrogations donc mais un sujet qui, par les temps qui courrent, risque d’occuper nombre de méninges dans les mois à  venir.

Ah une dernière question aujourd’hui sans réponse : est-ce que Nortel va se contenter de ce toilettage organisationnel ou est ce qu’une démarche d’accompagnement vers plus d’autonomie du collaborateur et de équipes va être mise en œuvre ? La suppression de la dimension transverse institutionnelle signifie-t-elle le retour de l’empowerment ?

Bertrand DUPERRINhttps://www.duperrin.com
Head of Employee and Client Experience @Emakina / Ex Directeur Consulting / Au croisement de l'humain, de la technologie et du business / Conférencier / Voyageur compulsif.

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