Le talent c’est la compétence en mode bottom-up

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Il y a quelques semaines un de mes amis s’esclaffait, via twitter, de voir la sur-utilisation du terme talent dans les messages des entreprises là  où lui ne voyait guère de différence avec de simples ressources, furent elles humaines. Bref, un effet de manche du marketing employeur, une promesse qui finalement n’engageait guère que celui qui avait envie de l’entendre.

Il est vrai que le marketing RH, tout comme le marketing en général, raffole d’utiliser des termes sans cesse plus valorisants pour ce et ceux qu’ils désigne sans pour autant que cela ne traduise le moindre changement en interne. Mais à  creuser un peu la question on se rend compte qu’il y a, chez certains tout au moins, une vraie réflexion derrière cela et gageons que cela se propage dans les temps à  venir.

Parler de talent en entreprise peut sembler totalement décalé. En effet c’est un terme qu’on emploie davantage pour des activités créatives, artistiques. On est habitué à  parler de talent pour un chanteur, un acteur, un footballeur, pas pour un salarié à  qui on applique davantage le qualificatif de « compétent ». La compétence c’est défini, c’est carré, c’est gravé dans le marbre c’est pour l’entreprise. Le talent ne se quantifie pas plus qu’il ne se décrit : il se constate et, faute de rentrer dans des cases, est davantage histoire de saltimbanques.

Remarquez d’ailleurs qu’on parle de talent pour un footballeur ou un tennisman, pas pour un athlète. Peut être parce que les deux premiers, dans le cadre de leur activité, agissent, décident et improvisent en temps réel face à  une situation qui n’est pas écrite à  l’avance alors que le premier courre, saute ou lance mais est mono activité et enchaine des gestes et des efforts selon des séquences répétables et optimisables à  l’infini (et donc répétées et optimisées..). On peut modéliser une course ou un lancer, pas un match.

Cela est il si anodin ?

La compétence est la capacité à  faire face à  une situation définie, à  remplir une fonction définie. Le talent ne serait il pas la capacité à  faire face à  l’imprévu, à  proposer, prendre l’initiative, organiser et animer son réseau et ses flux à  son propre niveau ?

Si l’on part du principe que dans une organisation moderne il faut bien entendu savoir faire le travail auquel on est affecté mais également, et de plus en plus, savoir faire preuve d’autonomie et de réactivité, on pourrait donc en conclure que la compétence est une notion correspondant à  un mode de production « poussé » alors que le talent est ce qui rend une entreprise capable de fonctionner également en mode de production « tiré » par le besoin. Le réel développement des talents et son corolaire qu’est l’empowerment est donc ce qui permet à  une entreprise de sortir d’un mode de travail exclusivement top down pour être à  même de passer en mode « bottom-up » lorsque c’est nécessaire. Je dis « également » car on ne parle pas de modes de travail qui seraient exclusifs l’un de l’autre mais bel et bien de modes de travail complémentaires. Et je vous renvois sur ce point à  la SOO (ça va finir par rentrer…)

De là  a dire qu’une entreprise qui fait bien son boulot est « competences pushed » et qu’une entreprise qui sort du lot est également « talent pulled »…

Comme le disait Ed Catmull, co-fondateur de Pixar : « Si vous donnez une bonne idée à  une équipe médiocre, ils vont la massacrer. Si vous donnez une idée médiocre à  une bonne équipe, ils vont en faire quelque chose ».

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Bertrand DUPERRINhttps://www.duperrin.com
Head of Employee and Client Experience @Emakina / Ex Directeur Consulting / Au croisement de l'humain, de la technologie et du business / Conférencier / Voyageur compulsif.
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