Twitter dans l’entreprise : question d’usages ou de culture ?

A moins de souffrir de myopie aigue vous avez du vous rendre compte que le grand « truc » de 2008 a été le microblogging, incarné pour la majorité par twitter. Ni une ni deux, les twitter-like pour entreprise, tels Yammer, ont commencé à  se développer lorsque ça n’est pas des solutions plus lourdes venant d’éditeurs plus traditionnels qui ont embarqué leur propre erzatz. Et si ça n’est ça c’est l’indicateur de « statut » qui a finalement vocation a remplir cette fonction, tout n’étant finalement qu’histoire de dénomination, la logique demeurant la même.

Alors, marchera ou marchera pas ?

Comme je l’écrivais ici, on peut en penser ce qu’on en veut, succès populaire ne voulant pas dire succès en entreprise et la majorité n’ayant pas toujours raison, il est des succès qu’on ne peut ignorer. On peut être fan ou sceptique, mais fermer les yeux serait une faute.

Comme souvent en matière d’outils je n’ai pas de religion toute faite. L’outil ne vaut que dans une logique d’usages, laquelle dépendant des pratiques, lesquelles…. bref ça dépend pourquoi, chez qui, avec qui et quand. Flop chez uns, hit chez les autres. Et dans 5 ans ? On y sera peut être tous passés et ça nous semblera totalement naturel (mais comment faisont avant le mail hein ? Mieux qu’avant et moins bien qu’après). De toute manière l’outil en lui-même ne nuit pas, au pire il fera partie de la liste des fonctionnalités peu ou pas utilisées, et tant mieux pour ceux qui y trouveront quand même leur compte.

Mais il m’est avis que l’aspect culturel jouera son rôle. Il le joue pour tous les outils issus du web dit « social » mais à  mon sens encore plus pour des outils de micro-blogging. J’ai lu il y a quelque temps quelque chose d’intéressant sur un concept qui m’était inconnu : l’indice de distance hiérarchique. Nos entreprises mais plus encore notre société est marquée par une distance hiérarchique forte, ce qui n’est pas le cas des anglo-saxons par exemple. Chaque échange suppose un dominant et un dominé, ce que d’aucuns traduiront par une relation parent-enfant. Or le type d’échanges véhiculés par ce type d’outils est davantage « adulte-adulte », ce qui me semble sans trop de risques de me tromper, une des facettes d’une culture à  indice de distance hiérarchique faible.

Si elle me semble à  terme inéluctable, l’utilisation, qu’elle soit modérée ou intensive, de ces outils en entreprise, ne viendra pas de l’hexagone. Il sera par contre intéressant de voir de quelle coté penchera la balance dans le cas d’équipes multiculturelles, vers où poussera la gravité. Dans 5 ans nombre de twitter addicts seront devenus managers et la question ne se posera plus, on vivra la même chose qu’avec l’Instant Messaging : la force de l’habitude est bizarrement un moteur de changement puissant lorsqu’on laisse les générations se renouveler.

Une note pas vraiment utile car au fond je ne pense pas que l’enjeu préoccupe qui que ce soit aujourd’hui.

Bertrand DUPERRINhttps://www.duperrin.com
Head of Employee and Client Experience @Emakina / Ex Directeur Consulting / Au croisement de l'humain, de la technologie et du business / Conférencier / Voyageur compulsif.

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