Il ne faut pas confondre flicage et stupidité. Ni oublier d’être responsable

Dans la série de mes chroniques du dimanche sur les TIC et la société, je ne peux m’empêcher de vous livrer quelques réflexions sur la théorie du flicage.

Postulat : on laisse des traces sur le net, n’importe qui peut s’en servir et pas obligatoirement pour nous rendre service. On laisse des traces, le web les mémorise et c’est dangereux. Postulat que l’on peut décliner également en termes d’utilisation des outils informatique en entreprise.

J’en reviens à  ce que j’ai déjà  pu dire par ailleurs : l’internet c’est le monde, on y retrouve les mêmes personnes qui ne sont si meilleures ni plus viles en ligne que dans la vraie vie et il n’est pas scandaleux de penser que les mêmes normes sociales doivent s’y appliquer.

Imaginez vous deux minutes comme le héros de l’histoire qui va suivre…

Vous vous appelez Robert Dupont (désolé pour tous Robert Dupont qui liront cette note….je n’ai absolument rien contre eux, ça n’est qu’un exemple).

Imaginez que vous sortiez de chez vous pour aller faire un petit tour en ville. A la première personne que vous croisez dans la rue vous lancez un « espèce de c#%! va ! Au fait je m’appelle Robert Dupont ». Vous rejoignez un groupe d’amis pour boire un café. Le ton de la conversation monte et vous les agonissez d’injures. Bien entendu vous faites en sorte que tout le café sache qui vous êtes. Rebelotte avec des collègues de travail que vous rejoignez quelques minutes plus tard. En route vous passez devant un magasin de disques et vous volez un CD sur un présentoir, non sans laisser votre carte de visite. Sur le chemin du retour vous prenez ostensiblement une photo sous la jupe d’une jeune fille, mineure de préférence, mais sans oublier de laisser une carte de visite à  ses parents qui l’accompagnaient. Vos collez les dites photos sur les murs du voisinage, ainsi quelques affiches litigieuses. Bien sur vous n’omettez pas de signer votre forfait.

Si, à  votre retour chez vous, vous trouver sur votre répondeur des messages de vos amis qui vous signalent ne plus désirer vous fréquenter, de votre employeur qui vous licencie, d’un recruteur qui vous ayant observé de loin vous informe que votre candidature n’est finalement pas retenue pour ce poste pour lequel vous étiez en pôle position, que vous sentez que vos voisins vous regardent bizarrement et qu’un policier vient vous chercher pour répondre de vol, voie de fait sur mineur, trouble à  l’ordre public, et publication de documents à  caractères raciste. Ajoutons à  cela que votre femme vous quitte parce que vous avez mis dans un cadre au milieu du salon les photos du dernier week end passé avec votre maitresse alors que vous lui aviez dit être en séminaire d’entreprise. Que faut il en penser ?

Que nous sommes fliqués par un état policier ? Que vous êtes le roi des imbéciles ?

Bien sur telle situation ne se produira pas car vous êtes quelqu’un de responsable dans la vie. Que vous respectez les lois, les normes, les codes sociaux, bref que vous êtes responsable. Ou en tout cas que vous savez que vous êtes susceptibles d’assumer tout ce que vous faites et dites en public, quand bien même ça ne serait pas répréhensible. Ou encore que dire du mal des gens ou dévoiler à  un tiers des choses que vous êtes supposé garder pour vous finit toujours par attirer des inimitiés. Et, quoiqu’il en soit, que par bouche à  oreille tout finit par se savoir.

Et bien sur internet c’est pareil. Internet a une mémoire, comme vos amis, vos ennemis et tous les gens que vous croisez au quotidien, que vous les connaissiez ou non.

Après je ne dis pas qu’il n’y a pas des excès et des dérives contre lesquels il faut se battre. Mais dans 90% des cas le pire ennemi de l’internaute est l’internaute lui-même, pas l’outil.

Bertrand DUPERRINhttps://www.duperrin.com
Head of Employee and Client Experience @Emakina / Ex Directeur Consulting / Au croisement de l'humain, de la technologie et du business / Conférencier / Voyageur compulsif.

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