Investissement ou consommation ? Un air de déjà  vu

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Dans de nombreux pays le débat fait rage afin de savoir si la politique de relance la plus adaptée est une politique de relance de la consommation ou de l’investissement.

Cela relève de deux logiques différentes : dans un cas on essaie de limiter les effets de la crise et leur impact sur les ménages (et par ricochet sur les entreprises), dans l’autre en essaie de btir les fondations d’une reprise pérenne en permettant aux entreprises de préparer l’avenir.

Logiquement quand les gens et les entreprises souffrent on calme la douleur. Mais cela empêche de s’attaquer au mal profond. Si on s’attaque au mal cela prend plus de temps, on se ménage des lendemains plus agréables et sur des bases plus solides, mais l’effet se fait sentir plus tard, et en attendant on a mal.

Il n’y a pas de miracle possible. Dans un monde idéal on prépare l’avenir quand tout va bien et ça laisse des moyens pour calmer des douleurs éventuelles lorsqu’elles apparaissent. Dans le monde réél on ne touche à  rien quand ça va bien (évidemment puisque tout va bien) en refusant de voir les limites éventuelles, et lorsqu’on les atteint on n’a plus qu’à  panser un grand nombre de douleurs, ce qui ne laisse plus les moyens de penser long terme.

Ca n’est pas sans rappeler ce qu’on voit en permanence dans l’entreprise. Une obsession du court terme qui incite à  rechercher le miracle local lorsqu’une approche plus globale devrait être mise en œuvre. A ne regarder que le bout de son nez on ne peut que subir sans anticiper, panser sans combattre le mal.

Critiquer les Hommes serait toutefois trop simple : s’ils agissent ainsi c’est qu’ils ne peuvent faire autrement parce que la nature même de ce qu’on leur demande revient à  privilégier l’instantané au détriment des problèmes de fond. On réagit davantage qu’on anticipe, faute de moyens, ceux qui sont utilisés à  un moment pour l’un n’étant plus disponibles plus tard pour l’autre. Spirale sans fin où on souffre dans les mauvaises périodes sans avoir le temps ou les moyens (voie la volonté) de s’attaquer aux causes profondes de maux récurrents lorsque tout va bien.

A force d’être à  contre-temps on créée un mouvement de yoyo que nos économies connaissent depuis que le monde est monde. C’est ce qu’on appelle des cycles. La bonne nouvelle c’est qu’un cycle négatif finit toujours pas finir. La mauvaise c’est qu’il en va de même pour les cycles positifs.

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Bertrand DUPERRINhttps://www.duperrin.com
Head of Employee and Client Experience @Emakina / Ex Directeur Consulting / Au croisement de l'humain, de la technologie et du business / Conférencier / Voyageur compulsif.
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