B2B, B2C,E2E…et pourquoi pas EWP ?

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Voilà  un titre d’autant plus évocateur qu’il repose sur une floppée d’anglicismes rentrés dans notre langage courant. Mon idée ici est de me pencher sur la manière dont on envisage l’organisation des intéractions entre l’entreprise et son environnement et au sein de l’entreprise et se rendre compte que des vieux tics de langage enferment peut être notre pensée et notre action à  l’opposé de là  où on aimerait aller.

Au départ étaient le B2B et le B2C. B2B pour « Business to business » (les entreprises font du business entre elles) et B2C pour « Business to consumer » (l’entreprise qui traite avec des clients lambda comme vous et moi). Ensuite les choses se compliquent.

On a vu apparaitre le B2E pour « business to employee ». Hé oui, cela a mis du temps mais on s’est rendu compte que les relations operationelles (et pas seulement..) de l’entreprise avec ses collaborateurs pouvaient avoir un minimum d’importance. Mieux, le E2E « employee to employee » vient d’arriver sur les têtes de gondole car les intéractions entre collaborateurs, finalement, ça n’est peut être pas anodin que cela.

Tout cela m’a fait penser que l’avenir nous amènerait vers le E2P : l' »employees to people », la facilitation des intéractions entre les collaborateurs et les clients finaux, avec l’extérieur de l’entreprise au sens large. Service client, innovation participative, marketing communautaire…on y va tout droit.

Mais en fait quelque chose me gêne dans toutes ces définitions, qui me montre qu’une barrière intellectuelle n’a pas été franchie. Qu’il reste un dépoussièrage de paradigme à  effectuer. C’est le 2, le « to », qui laisse deviner que dans l’esprit on est toujours dans un modèle d’action unidirectionel. « Moi vers les autres ». Moi j’agis. Et les autres ? Ils reçoivent, écoutent et obéissent.

J’ai bien peur que les choses ne se passent plus comme cela.

Et si on remplaçait, parce que c’est qu’on veut faire, en définitive, le « to » par un « with ». Avec. Parce qu’on arrivera jamais à  des synergies gagnantes si le fil de la pensée est de diriger les autres alors que l’objectif de départ était pourtant de réaliser des choses avec eux. Bref, on ne fera pas de gagnant-gagnant si le postulat de départ, même inconscient, est qu’il y a un dominant et un dominé.

« Business With Business », « Employee With Employee », « Employees With People » (EWP). Je suis sur que si on préparait l’élaboration d’un plan en se demandant non plus « ce qu’on doit arriver à  leur faire faire pour arriver à  nos fins » mais  » comment faire en sorte qu’on fasse quelque chose avec eux » on arriverait à  des pratiques différentes.

Comme quoi l’impact des mots et de leur sens a, même inconsciemment, un impact certain sur la manière dont on met nos idées en pratique.

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Bertrand DUPERRINhttps://www.duperrin.com
Head of Employee and Client Experience @Emakina / Ex Directeur Consulting / Au croisement de l'humain, de la technologie et du business / Conférencier / Voyageur compulsif.
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