Le Saas est il l’avenir de votre système d’information ?

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Encore une question qui hante les nuits de nombres de personne. Plus sérieusement, à  défaut d’empêcher quiconque de dormir cela pose des questions, crée des débats voire alimente une certaine confusion qui n’aide pas à  faire avancer les choses. En effet, difficile de déployer des solutions tant qu’on est dans l’expectative au niveau de l’infrastructure.

Je vais donc essayer de faire un point sur le sujet, voire d’essayer d’y mettre mon grain de sel.

Quel débat ?

Pour faire synthétique, disons que l’entreprise qui  traditionnellement hébergé l’ensemble de son système d’information sur sa propre infrastructure voit arriver une nouvelle alternative, dénommée Software as A Service, permettant de fournir les applications via internet, en utilisant des services  hébergés non plus par elle mais par ses fournisseurs. Le débat pourrait simple (je gère tout moi même avec les coûts afférents, où je laisse les ennuis aux autres et je me contente de payer le service..) mais se posent des questions de sécurité, de confidentialité qui ne laissent pas l’entreprise indifférente. Des questions légitimes même si parfois la réponse est simple (mais encore faut il se poser la question) dans un contexte ou le poids des habitudes n’est pas neutre non plus.

Le 100% Saas est une illusion (en tout cas pour les grands comptes)

Si tant est que quelqu’un ait pu en avoir l’idée, le 100% Saas pour une grand entreprise est une idée totalement farfelue. Tout d’abord parce que tout n’existe pas en Saas. Ensuite parce qu’il est des applications et des données stratégiques que l’on préfère avoir « à  l’abris chez soi », quitte à  en assumer le risque (vs le risque de les avoir à  l’extérieur). Enfin parce c’est une obligation légale pour certaines industries (je pense notamment à  la banque, aux entreprises œuvrant pour la défense et la sécurité nationale etc…).Ce qui ne veut pas dire qu’il faille jeter le bébé avec l’eau du bain.

Tout d’abord le modèle à  du sens pour les PME, PMI et TPE. La charge de la maintenance et de l’évolution d’une infrastructure informatique pour ces entreprises est souvent disproportionné eu égard à  leur taille.  Pour elles le choix peut être plus que payant.

Ensuite, pour une grande entreprise, une logique de rationalisation des coûts voudrait que sans se départir de leur informatique, elles aient recours à  des services extérieurs pour tout ce qui n’est pas critique. C’est à  dire beaucoup de choses. Rappelons qu’avec la croissance du volume de données hébergées, leur stockage, au regard des contraintes liées, devient de plus en plus une affaire de professionnels qui pourront fournir un tel service à  un cout plus efficace que l’interne. On peut aussi comprendre que certaines entreprises aient un besoin croissant d’intéragir avec l’extérieur, ce qui est dans l’air du temps, sans vouloir pour autant laisser n’importe qui mettre un orteil sur leur serveurs, heberger les plateformes permettant ces échanges à  l’extérieur peut avoir du sens.

Votre DSI prestataire de Saas ?

Il y a quelques temps, Gartner évoquait l’avenir du « cloud privé« , juste milieu qui réconcilie les deux mondes. En devenant des « prestataires Saas internes », les DSI cumulent le meilleur des deux mondes : du « on demand » pour le client interne tout en gardant la main sur le système. Une évolution sensible de leur rôle qui collerait bien à  l’air du temps. Cela impose que les éditeurs soient en mesure de faire monter leurs clients en compétence et leurs livrent une version de leur logiciel le permettant, mais cela n’est qu’une question de bonne volonté. La DSI met à  disposition et fait tourner, le client interne achète un service et fini les déploiements à  n’en plus finir et le cas par cas qui ralentit tout. Un bouton et ça fonctionne.

Bien sur toutes les entreprises ne peuvent se le permettre mais beaucoup de grands groupes y verront une évolution intéressante et rentable d’une fonction devenue éléphantesque au regard de leur métier de base. Que des Amazon ou des Google se spécialisent dans le métier est une chose, mais il existe des grands groupes qui ont à  la fois la taille critique et le besoin qui font d’un tel choix une option économiquement viable.

Créer de la valeur client avec du Saas ? Une idée originale.

Je parlais dans le paragraphe précédent d’une évolution « rentable ». Quitte à  investir dans une telle évolution, certaines entreprises n’auraient elles pas à  gagner à  aller plus loin. Si l’on part du principe que le choix du Saas peut être payant pour des PME/TPE, certains n’auraient ils pas à  gagner à  proposer de tels services à  leurs clients afin de rentabiliser l’investissement consenti. Bien sur il faut que cela ait du sens, que l’entreprise soit crédible. Ce qui, parfois, réglerait d’ailleurs le procès en manque de confiance fait à  des Google par exemple. Qu’une banque propose d’héberger le logiciel de paie ou de comptabilité de ses clients PME aurait du sens. Qu’un établissement partenaire essentiel d’une PME lui propose paie, comptabilité, facturation, CRM en Saas ne me choquerait pas, bien au contraire. Pas forcément des logiciels maison, mais des logiciels d’éditeurs en marque blanche, cela doit pouvoir se faire. Bien sur ça n’est pas à  la portée de tout le monde : il faut la taille critique et la respectabilité nécessaire. Mais ce serait un moyen à  la fois de rentabiliser les couts internes et de procurer pour un cout modeste un package informatique qui augmenterait la valeur du service délivré.

On ne sait jamais ce que l’avenir réserve. Cette option n’est peut être pas si folle que ça.

En attendant voici une présentation trouvée par hasard sur le « private cloud ».

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Bertrand DUPERRINhttps://www.duperrin.com
Head of Employee and Client Experience @Emakina / Ex Directeur Consulting / Au croisement de l'humain, de la technologie et du business / Conférencier / Voyageur compulsif.
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