Il y a quelques semaines de cela j’étais en réunion en train de prendre des notes. Un coup d’œil sur l’écran d’une collègue pique ma curiosité et je lui demande : « tiens…c’est quoi l’application que tu utilises ». Et elle de me parler de cette application fantastique découverte quelques semaines plus tôt. Quant à  moi je n’ai qu’à  m’en prendre à  moi même : ça ne fait pas des semaines mais des mois, beaucoup de mois qu’elle est installée sur mon ordinateur. J’avais même eu accès à  la « bêta », j’avais rapidement regardé et j’étais passé à  autre chose. Non parce que l’application en question était bonne ou mauvaise mais parce que je n’avais voulu prendre le temps de me poser certaines questions. Et c’est là  que ça peut devenir intéressant.

Comme tout le monde j’ai ma petite routine pour le traitement de l’information. Il y a les notes que je prend, il y a ce que je vois sur le web. Ensuite vient une phase de « mise en attente » et de traitement qui m’amène à  lire et effacer, garder au cas où, bookmarker, ou entreprendre quelque chose. Cette même routine s’applique aussi bien pour mon activité professionnelle que pour ma veille personnelle et l’alimentation de ce blog (pas difficile il s’agit des mêmes sujets). Et bien sur j’ai organisé ça par rapport aux applications utilisées : à  chaque tche son application et à  moi de gérer l’évolution du statut et du traitement selon une routine bien précise : chaque information présente quelque part est à  un stade précis.

Changer une seule des applications m’imposait donc de changer ma routine. Même si l’application est meilleure, ça ne compte pas. C’est inconscient et c’est comme ça. Ensuite, s’agissant d’un test, cela impliquait que je doublonne ou que j’éparpille des choses avant d’être sur de tout migrer ou de ne pas poursuivre l’expérience.  Vu que je n’avais pas de temps à  perdre je me suis contenté de regarder les fonctions rapidement sans m’en servir en conditions de travail. Cela relevant plus du jeu que d’une utilisation appliquée à  mes préoccupations personnelles, j’ai vu des fonctionnalités mais faute de les appliquer à  une utilisation réelle et quotidienne je n’ai pu identifier les apports, les bénéfices. Un dernier point manquait enfin : je n’ai pas non plus voulu prendre le temps de réfléchir au périmètre d’un tel logiciel : pro/perso, note ou notes+autre chose, chevauchement avec d’autres choses déjà  utilisées. Tout cela cumulé faisait que j’étais incapable de projeter l’utilisation de cette application nouvelle dans mon quotidien, de m’imaginer ce que cela pouvait donner au niveau de ma routine personnelle, de me « voir » dans ces conditions.

Voilà  pourquoi j’ai failli rater le train « Evernote« .

Un cas finalement très simple. Imaginez ce que cela donne lorsqu’une personne doit conduire l' »expérimentation » d’une plateforme de logiciel social en entreprise, et la situation de ceux qui sont désignés volontaires d’office pour y participer. On ne parle pas d’une personne mais de 10, 100, 500, des personnes qui, qui plus est, ne sont pas aussi technophiles que moi et n’ont pas la latitude et le recul que je peux avoir dans le choix de mes outils. En plus il ne s’agit ici que d’une problématique individuelle, où la question du partage, de l’alignement des pratiques et de l’utilisation d’une même application par tout un groupe ne se pose pas. Un autre point à  avoir en tête lorsqu’on construit son pilote entreprise 2.0 donc.