Eviter le risque est une stratégie très…risquée

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Qu’on parle de changer la manière de travailler dans l’entreprise ou d’engager une nouvelle forme de relation avec ses clients, malgré une analyse imparable du contexte et l’existence d’opportunités réelles beaucoup préfèrent se recroqueviller et adopter une stratégie conservatrice et défensive au nom du « on sait ce qu’on a aujourd’hui, évitons le risque de devoir affronter des situations inconnues ».

Une idée m’est venue en regardant dernièrement une émission sportive. Un entraineur connu disait « il faut arrêter de dire qu’une équipe qui attaque et va vers l’avant prend des risques…elle essaie de créer des opportunités ». Que l’on parle de football, de basket, de tennis ou même de poker il est vrai qu’on classe toujours les compétiteurs dans deux catégories : ceux qui « avancent » et dont ont dit qu’ils ont un jeu « à  risque » et ceux qui se recroquevillent, défendent avec acharnement, et espèrent que l’orage passera et qu’ils feront la différence sur un coup.

L’expérience montre que les deux stratégies permettent de gagner.

L’analogie avec l’entreprise est pertinente. Faire le pari de la défense signifie s’estimer prêt à  encaisser les coups, à  subir le jeu de l’autre, à  perdre l’initiative en pensant que cela passera. Et parfois cela passe. Là  où la comparaison s’arrête c’est que temps à  autre la digue craque et que l’équipe ou le joueur en question se fait balayer. Dans le contexte sportif ça n’est qu’un match de perdu, une nouvelle compétition reviendra où les compteurs seront remis à  zéro. Dans le monde de l’entreprise si on se fait balayer une fois il se peut que cela soit pour longtemps, voire toujours, et qu’on ait à  assumer des conséquences autrement plus importantes qu’un match perdu (fut il une finale de coupe du monde).

On peut en tirer l’enseignement que dans un monde où on ne remet pas les compteurs à  zéro périodiquement, laisser l’initiative aux autres, subir, refuser le combat ou le jeu ne paie pas. Pire encore, plus on refuse le risque plus la moindre défaillance sera rédhibitoire.

La récente affaire Nestlé est éloquente. Une stratégie trop défensive a fini par montrer ses limites et la catastrophe a été frôlée de près. Reste à  voir si comme certaines équipes, et Dell en son temps qui a su tirer profit d’une situation similaire pour se remettre en question et changer son approche du jeu, Nestlé en profitera pour se désinhiber et adopter une stratégie non pas risquée mais créatrice d’opportunités.

Essayer de jouer, d’ouvrir le jeu, n’est finalement pas un risque mais une opportunité. Subir les éléments est, par contre, un vrai risque.

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Bertrand DUPERRINhttps://www.duperrin.com
Head of Employee and Client Experience @Emakina / Ex Directeur Consulting / Au croisement de l'humain, de la technologie et du business / Conférencier / Voyageur compulsif.
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