Un monde en 140 caractères ? Vraiment ?

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Résumé : Vivons nous dans un monde en 140 caractères ? Pas du tout. 140 caractères c’est la taille d’un signal qui réfère à  quelque chose de beaucoup plus grand sans lequel le signal n’existerait pas.

Il faut parfois des symboles pour montrer à  quel point un monde se transforme, à  quel point un outil marque son époque, ne serait-ce que pour quelques mois. La mode du moment s’appelant twitter, il est de plus en plus coutume d’y faire référence pour décrire le monde d’instantaneité, de spontanéité (?), de mobilité dans lequel nous vivons. Et voilà  donc qu’on nous demande de repenser notre vie, notre travail, notre communication pour ne pas être dépassés dans « un monde en 140 caractères ».

Un monde en 140 caractères…soit. Accélération du temps, morcellement du message, de la pensée. On fait primer l’instant sur la durée, la réaction et le contexte sur le fonds et la capitalisation. Quant tout va vite, être pleinement dans le présent permet de ne pas être surpris par l’avenir, rien ne sert de construire au delà  de 140 caractères car cela sera déjà  enterré, passé, dépassé avant même d’avoir servi.

Désolé, mais je n’achète pas l’idée une seule seconde.

Si l’on prend la peine de regarder un peu twitter et son fonctionnement, que l’on essaie de se pencher plus particulièrement sur ce à  quoi on donne de la valeur (et varie donc selon les individus) il apparait rapidement que l’on a affaire à  :

– la formulation en 140 caractères d’une information reposant sur la mise en contexte d’une masse de connaissance précédemment acquise beaucoup plus importante.

– un extrait d’un d’un texte beaucoup plus volumineux vers lequel pointe un lien.

En matière d’information ou de savoir il importe de distinguer la substance du signal. Le problème, pendant des années, est que faute de signal on a toujours peiné à  identifier, localiser et in fine mobiliser la substance. Il ne faudrait pas à  l’inverse, aujourd’hui, tout miser sur le signal au détriment de la constitution et de l’amélioration permanente de la substance.

On communique, on stimule, on questionne, on réagit en 140 caractères. Mais, pour cela, encore faut il être capable de penser en beaucoup plus de 140 caractères.

Notre monde n’est pas et ne sera pas en 140 caractères, pas plus que nos entreprises. Il saura, par contre, par ces 140 caractères rendre plus facilement accessible et mobilisable l’ensemble de son savoir pour décider, agir et s’adapter plus vite. Oublier que le signal n’a plus de valeur s’il n’a rien pour l’alimenter, rien vers quoi pointer serait, au contraire, très dommageable.

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Bertrand DUPERRINhttps://www.duperrin.com
Head of Employee and Client Experience @Emakina / Ex Directeur Consulting / Au croisement de l'humain, de la technologie et du business / Conférencier / Voyageur compulsif.
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