Résumé : importance du collaboratif, attentisme sur les réseaux sociaux, travail sur la gouvernance et la stratégie digitale, voici quelques unes des conclusions qu’on peut tirer de l’observatoire de l’intranet et de la stratégie numérique 2012. Derrière ce constat une bonne nouvelle : derrière ce qui peut ressembler à  une attitude précautionneuse, les entreprises prennent le temps de faire le bilan de leurs intitiatives et pensent stratégie globale. Un moment de réflexion pour repartir sur des bases plus saines et solides ?

Arctus a récemment publié les résultats de son observatoire de l’intranet et de la stratégie numérique. Réalisé à  partir d’une étude menée auprès de 450 organisations francophones de toutes tailles et secteur d’activités il nous donne un panorama très exhaustif de la situation en la matière. Son caractère « local » permettra également de mesurer les différences avec des études similaires menées au niveau international et, lorsqu’il y en a, de prendre la juste mesure des différences culturelles afin de faire les choix les plus judicieux, ne pas se tromper d’attentes et avoir une approche réaliste de la maturité des populations auxquelles on s’adresse.

Je ne vais pas vous détailler en entier ce rapport très riche que je vous conseille au contraire de télécharger et lire attentivement. Je vais plutôt m’attacher à  quelques points qui me sont plus chers à  titre personnel.

Il est tout d’abord intéressante de mettre deux tendances en perspective : la montée en puissance des outils collaboratifs et un certain attentisme face aux réseaux sociaux d’entreprise. Paradoxal lorsqu’on sait que le RSE est souvent présenté comme la pierre angulaire de la collaboration telle qu’elle doit être et sera dans un avenir relativement proche.

Tout d’abord, à  mon humble avis, parce que le mot collaboration ne signifie pas la même chose pour tout le monde. Sur ce point je vous renvoie à  ces derniers billets de Jane McConnell d’une part, et Greg Lowe d’autre part. Moralité, lorsqu’on parle de collaboration il n’est jamais sur que tout le monde pense à  la même chose. Par ailleurs si on oppose collaboration dite structurée et émergente, elles se complètent plutôt qu’elles ne s’opposent mais il est évident que la première est plus évidente puisqu’elle concerne la productivité immédiate vs. un enrichissement des savoirs permettant une amélioration sur le long terme. Dernier point qui peut expliquer une certaine forme d’attentisme sur la partie réseau social : on ne parle pas là  d’organisation du travail mais d’émergence de nouvelles postures de travail, de communication et de management (également nécessaire pour la collaboration traditionnelle mais de manière moins radicale). L’homme étant le facteur lent de la transformation organisationnelle, on peut aussi estimer que les entreprises décident de faire une petite pause et laisser aux choses le temps de se faire.

Cela semble confirmer une tendance que je perçois également bien sur le terrain : ne pas négliger l’organisation et le fontionnement quotidien de l’entreprise au profit de logiques « hors flux de travail » aux bénéfices certaines mais non prédictibles et, surtout, décalés dans le temps.

Mais in fine, l’avenir n’est ni l’un ni l’autre…mais les deux. Et c’est également une tendance forte qui se dessine :l’intégration progressive dans un mé‚me dispositif des outils infocom, collaboratifs et du réseau social d’entreprise est une réalité.

Tout cela nous amène à  parler gouvernance et le rapport mets clairement en évidence que les choses se structurent à  grande vitesse de ce coté. Définition des rôles, mise en place d’instances de régulation dédiées pour les RSE et professionnalisation des acteurs sont des signes forts. Peut d’être d’ailleurs que ce travail sur la gouvernance est le préliminaire nécessaire à  la convergence entre entre les dispositifs de communication, collaboratifs et sociaux qui permettra au RSE de trouver sa place dans le dispositif. Car s’il est un signe qui ne trompe pas c’est, selon le rapport, que les projets RSE peinent à  trouver un sponsor.

Gouvernance adaptée et convergence des différentes stratégies de communication, collaboration etc. sont donc visiblement nécessaire pour que le RSE trouve sa place. Ce qui finalement n’a rien de surprenant puisque, par nature, puisqu’il s’agit d’un outil protéiforme qui sert à  tous et notamment pour faire face à  des besoins non prévisibles, il n’est pas évident de savoir à  qui il appartient au juste en termes de leadership. Si tant est qu’ils appartiennent à  quelqu’un en particulier.

Conclusion : on est bien sur une phase de convergence et de consolidation des piliers digitaux de l’entreprise, phase nécessaire à  toute forme de nouvel élan et d’intégration des RSE non comme un silo mais une couche transversale complémentaire du reste.

Un pari pour l’an prochain : il y a fort à  parier que d’ici l’an prochain, la phase de consolidation terminée, un nouveau sujet fasse son apparition : l’interopérabilité entre les outils qui est la préoccupation logique qui émerge une fois que les questions de positionnement des outils sera réglée. On sera alors clairement dans une logique de digital workplace.