Résumé : Trouver un emploi à  en 2012 est-ce seulement tirer le meilleur des réseaux sociaux ? Certains le disent mais ça n’est pas le cœur du problème. Le vrai sujet est de d’abord aborder le monde de l’emploi tel qu’il est aujourd’hui et non comme il y 1à , 20 ou 30 ans, mettre au point un véritable marketing de l’offre car on ne cherche plus un emploi, on vends une solution et utiliser les outils à  notre disposition pour soutenir cette stratégie. C’est ce qu’explique clairement Guerilla Marketing pour trouver un emploi. Méthodologie et plan d’action inclus..

Il fut un temps j’aurais pu dire qu’un livre sur la recherche d’emploi était une bonne lecture de rentrée. Aujourd’hui les choses étant ce qu’elles sont, c’est une bonne lecture toute l’année car le marché finit à  se résumer à  ceux qui sont en situation de recherche subie et ceux qui sans chercher ont compris que, même lorsqu’ils n’étaient pas en recherche il fallait de toute manière être trouvable.

Je viens donc de terminer la lecture de Guerilla Marketing pour trouver un emploi. Boostez votre recherche en utilisant les meilleures stratégies du marketing et des réseaux sociaux, de Jay Levinson et David Perry. Enfin, pas exactement : la version originale du livre est passée entre les mains de Jacques Froissant qui a « francisé » certains éléments de contexte.

Alors, comme moi, vous allez surement partir avec un a priori : encore un bouquin sur les réseaux sociaux dans la recherche d’emploi. On nous rabche les mêmes trucs depuis des années et on sait que ça fonctionne très moyennement pour les recruteurs et encore moins pour les candidats. Comme j’ai en effet déjà  pu l’écrire, le problème de ce qu’on appelle le recrutement sur les réseaux sociaux est que très souvent le discours lorsqu’il est tenu par des professionnels qui n’ont pas pris le virage et pensent « stratégies anciennes sur outils nouveaux », se focalise sur l’outil et non sur la stratégie globale de recherche d’emploi dont l’outil n’est qu’une composante. Que ce soit du coté du candidat comme du recruteur, penser réseaux sociaux sans penser différemment la stratégie de l’un et le process de l’autre n’amènera à  rien.

Or ce livre n’est pas un livre sur « comment trouver un emploi avec des outils nouveaux ». C’est un livre sur « comment trouver un emploi en prenant le marché comme il est et en utilisant tout ce que vous avez à  votre disposition ». On y parle bien sur de la bonne utilisation de LinkedIn ou Viadéo mais également des outils de veillle, de la bonne manière de prospecter, gérer un entretien et une négociation, utiliser son réseau (les gens…pas les outils) etc. D’ailleurs le sous titre de l’ouvrage est même plus juste que le titre lui même : c’est un livre sur les stratégies marketing de recherche d’emploi. Pas une énième ode à  un marketing de soi pompeux, nombriliste et peu efficace mais une vraie stratégie de l’offre, différenciante, pour trouver mieux qu’un emploi : le job dont vous rêvez dans une entreprise qui vous plait.

Un peu survendu comme promesse ? Je ne pense pas. D’ailleurs les avertissements sur lesquels s’ouvre le livre ne trompent pas : si vous ne voulez pas faire d’effort, faire un travail sur vous et vous regarder en face, assumer un positionnement et avoir une approche résolument volontariste, autant ne pas dépenser d’argent inutilement en vous offrant le livre.

Un discours qui peut sembler optimiste à  l’heure où la crise frappe ? Non plus. D’abord parce que, paradoxalement, un grand nombre d’offres restent non pourvues. Ensuite parce que c’est rarement celui qui est le plus compétent qui décroche la timbale mais celui qui a le mieux su vendre sa valeur ajoutée et sa personnalité, le plus souvent d’ailleurs en passant par les managers recruteurs plutôt que par le chargé de recrutement. Enfin, et je ne fais que reprendre les mots de l’auteur, parce que les jobs ne vont jamais aux mendiants (ceux qui quémandent un travail, n’importe lequel, presque comme un service) mais à  ceux qui prouvent qu’ils vont apporter quelque chose. Une bonne leçon également dans ces temps difficiles : être prêt à  tout accepter est le meilleur moyen de rester à  Pôle Emploi même si c’est une réaction naturelle, a fortiori lorsqu’on est dans une certaine détresse. D’où l’intérêt de bien déterminer ses objectifs d’abord et son plan ensuite…et de l’appliquer strictement.

C’est donc tout l’intérêt de Guerilla Marketing pour trouver un emploi. Une stratégie complète qui part de la définition des besoins, envies et qualité de chacun pour arriver au contrat de travail signé et négocié.

Il y a un point qui toutefois pourra surprendre voire mettre mal à  l’aise un public français : la démarche est clairement une démarche de marketing appliquée à  l’emploi avec ce que ce cela suppose de volontarisme, de confiance en soi et de « positive thinking » à  l’américaine. Ce qui peut détonner dans un pays où l’on a encore trop tendance à  penser qu’on « donne un emploi » au lieu de penser qu’on vend une solution à  un employeur. Mais là  encore c’est à  mon sens un cap nécessaire à  passer et une logique vers laquelle chacun devra aller un jour. Le marché de l’emploi a beaucoup évolué des 10 dernières années, des métiers naissent, d’autres disparaissent, d’autres se transforment radicalement et le couple « salarié/métier » a un cycle de vie qui va de l’émergence à  l’obsolescence à  vitesse grand « V ». Ceux qui réussissent le mieux sont ceux qui conscients de ce cycle de vie pensent à  se repositionner en permanence et vendre ce repositionnement de manière proactive de manière à  anticiper l’obsolescence de leur métier, voire l’accompagner en avance de phase. Ceux là  sont en général recherchés et on davantage des problèmes de choix que des problèmes de recherche pure là  où le problème de beaucoup est de chercher soit un métier qui n’existe plus soit un métier sur lequel la demande est tellement forte qu’il est impossible d’être différenciant. Et ça n’est pas tant une question de compétences personnelles que de positionnement de sa propre offre.

D’ailleurs comme le disent les auteurs, l’emploi est de plus en plus une situation provisoire. S’accrocher pour durer peut mener à  terme à  une voie de garage, mieux vaut s’organiser pour bouger. Bouger pouvant signifier bouger en interne ou faire bouger son métier.

Un livre pour ceux qui pensent qu’être salarié c’est un peu être entrepreneur de soi-même et pas victime subissant les aléas.

PS : un des articles les plus lus de ce blog, plus de 6 ans après, est cet article sur « comment faire un blog emploi« , écrit à  l’époque du blog-emploi challenge que nous avions organisé avec Jacques Froissant et Richard Menneveux. Il me semble toujours d’actualité avec le temps…