Connect 2013 : J-9

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connect2013Dans l’année il y a des conférences auxquelles j’assiste aléatoirement, par curiosité ou parce qu’on m’invite à  y intervenir, et les grands classiques où je retourne chaque année, parfois comme intervenant, parfois comme participant. Au nombre de ces incontournables : Connect.

Vous n’en avez jamais entendu parler ? Normal puisque depuis 1993 elle était connue sous le nom de Lotusphere. Et son évolution me semble symptomatique des transformations auxquelles nous assistons à  présent.

Avant 2010 des personnes comme vous et moi (enfin…à  part si vous étiez chef de projet dans une DSI) n’avions de raisons d’y aller. Non pas qu’en son temps Lotus n’ait pas apporté sa pierre à  l’édifice du collaboratif mais parce qu’on y parlait davantage outils que modes de travail.

2010 c’est mon premier Lotusphere. Par curiosité un peu, par sympathie beaucoup (j’avais rencontré tellement d’IBMers en ligne que ça me démangeait de les voir « IRL ») et par conscience professionnelle : il me fallait dresser mon propre benchmark des forces en présence sur le marché et surtout valider la vision à  moyen et long terme des uns et des autres (comme vous le savez déjà  je n’accorde aucune confiance aux quadrants et autres matrices qui comparent des poires et des bananes).

On est quelques uns à  s’intéresser à  la dimension réseau social qui occupe bien quelques sessions sur les plus de 300 de l’événement. On sent bien venir la convergence entre social et poste de travail mais ça s’arrête là . Alors bien sur on nous annonce la révolution à  venir, social everywhere etc. etc. mais avec le temps on apprend à  se méfier des annonces. Alors on voit bien le potentiel de l’annonce « Vulcan », on voit bien qu’ils voient le vent tourner mais pas de quoi s’extasier. Le discours est prometteur mais ont sent tous qu’entre le discours et la réalité…. Bref si l’événement impressionne en lui même, si on voit et entend pleins de choses intéressantes et qu’on sent que le potentiel est là , on demande à  voir.

L’édition 2011 s’ouvre sur l’air du « Social Business ». L’évolution produit incarnée par Vulcan attendra (on s’y attendait…on ne reconstruit pas tout en un an) mais le discours évolue largement. On y sent une dimension « business strategy » nouvelle qui va au delà  de la technologie. D’ailleurs en un an le contingent des « usual suspects » de l’entreprise 2.0 présents à  Lotusphere a au moins été multiplié par 5. Preuve que le milieu sent qu’il se passe quelque chose. Et a coté de Lotusphere nait une « petite » conférence parallèle appelée Connect. Ici on parle stratégie, RH, marketing, on positionne le social comme un levier transverse qui ne se limite pas aux outils, au collaboratif. On y trouve DGs, DRHs, Directeurs Marketing et on parle peu de technologie mais surtout de valeur et de pratiques nouvelles.

2012 c’est le big bang Social Business. Le coté « business » et trans-métier s’accentue et Connect croit. C’est d’ailleurs « the place to be » pour nombre de participants non IT qui ont enfin trouvé chaussure à  leur pied.

2013 RIP Lotusphere. Enfin Lotusphere continue mais est absorbé par Connect qui devient le navire amiral. Lourd de sens. Ce qui nous ramène aux fameuses tranformations dont je parlais plus haut.

Le social devient transverse. Il touche communication, RH, métiers, s’infiltre dans le talent management et la business intelligence. Donc le branding traditionel Lotus devenait trop étriqué. Si l’esprit reste (en tout cas on l’espère), c’est désormais le drapeau IBM qui va flotter sur la conférence. S’échappant du silo collaboratif, le social va donc aussi permettre une prise de parole d’autres « brands » maison, le tout sous le sceau de la convergence et de la cohérence des pratiques.

Cela se traduit par une évolution des profils participants. Si les presque 10 000 personnes présentes en 2010 étaient dans leur grande majorité des profils IT, ce sont désormais RH, marketing, communicants et directions générales qui s’invitent à  l’événement. Avec des préoccupations et des attentes qui sont les leurs…ce qui explique que Connect prenne le pas sur Lotusphere.

Et Social Business n’est plus la stratégie de la marque « bureautique et collaborative » de Big Blue mais celle de toute la maison.

Ce qui est bel et bien à  l’image de ce qui se passe dans les entreprises non ? Le Social sort de la DSI et du collaboratif pour devenir une manière globale d’envisager la création de valeur à  partir d’actifs immatériels, au travers de processus nouveaux, supportés par des outils adéquats dont le caractère transverse impose une stratégie d’urbanisation SI cohérente dans son ensemble à  travers l’ensemble du portfolio applicatif de l’entreprise.

Et l’air de rien, en volumétrie pure, il semblerait que Connect devienne la plus grosse conférence Social Business au monde.

Bref je serai à  Orlando dans une semaine. Et s’il est facile de couvrir une conférence d’un ou deux jours à  travers un ou deux billets, une conférence d’une semaine, aussi riche, risque vite de devenir indigeste en termes de rythme de publication pour une partie de mon audience. Donc je réactive le blog créé l’an dernier pour l’occasion et vous invite à  aller y jeter fréquemment un oeil voire vous abonner à  son flux RSS pendant la durée de l’événement.

 

 

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Bertrand DUPERRINhttps://www.duperrin.com
Head of Employee and Client Experience @Emakina / Ex Directeur Consulting / Au croisement de l'humain, de la technologie et du business / Conférencier / Voyageur compulsif.
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