Big Data : pourquoi vous allez adorer le détester

Qu’on le veuille ou non le Big Data va prendre une importance croissante en entreprise. Il y a encore du travail à  faire pour qu’elles en cernent le plein potentiel – que personne ne cerne encore pleinement, la technologies avançant plus vite que notre capacité à  en imaginer les usages – et qu’elles expliquent à  leurs salariés et managers qu’il n’est pas question de les noyer sous encore plus de données mais au contraire de leur donner moins d’indicateurs, plus pertinents, reposant sur davantage de données.

Ceci dit, malgré son potentiel, le Big Data ne va pas faire que des heureux et, derrière un engouement de circonstance voire de façade, beaucoup vont grincer des dents. Et voici pourquoi.

Big Data : un enjeu de culture et de management

Parce que ça met chacun en face de ses responsabilités

Qui ne rêve pas de mesurer en temps réel l’impact de ses décisions ? De ne plus rester dans le brouillard du aux effets “softs” d’une décision qui produit des effets bénéfiques mais pas nécessairement mesurables ? Et bien pas tout le monde.

Parce que c’est (encore) une question de culture

Quand on donne aux bonnes personnes les bonnes informations pour prendre une décision, qu’on peut “empowerer” davantage de personnes en ramenant la décision au plus proche du problème on ouvre une faille managériale. Cela ne sert à  rien sans volonté de déléguer certaines décisions et laisser les exécutants gérer les exceptions plutôt que dérouler des processus rigides et non adaptés à  chaque situation. Surtout dans le cadre de la relation client. Continuer à  se fonder sur l’intuition, sur l’HiPPO (Highest Paid Person Opinion) plutôt que sur des données, déléguer ou non n’est pas une question de technologie.

Parce que c’est une question de confiance

Parce que le Big Data ne donne pas une réponse mais des informations permettant de la trouver. Ce qu’il ne fait pas est d’interpréter, domaine qui reste du ressort de l’humain. Cela nécessite d’avoir confiance en la capacité des collaborateurs à  procéder à  cette interprétation. Avoir les compétences et l’expérience nécessaires ne fait pas tout quand la confiance est absente du contexte de travail.

Parce que c’est un enjeu d’éthique qui deviendra un enjeu de responsabilité juridique

Une entreprise ne peut plus ne pas avoir d’éthique des données. Par rapport à  ses salariés, ses clients, ses parties prenantes et demain par rapport à  la loi. Pas sur que votre département juridique, vos RH et le marketing, pour ne citer qu’eux, tombent d’accord du premier coup pour décider ce qu’on peut faire et ce qu’on se refuse à  faire.

Parce que corréler n’est pas expliquer

Le Big Data vous dit que telle chose mène à  une autre. Il ne vous dira jamais pourquoi. C’est la différence entre corrélation et causalité. Sceptiques et ultra rationnels n’adhéreront pas systématiquement.

Révolution Copernicienne et fin des vaches sacrées

Parce que ça demande de jeter nos modèles à  la poubelle

L’une après l’autre, toutes les générations de salariés et de managers sortis d’école ont appris les mêmes modèles, les mêmes méthodes, reposant sur un principe unique : prévoir l’avenir en regardant le passé et des modèles prouvés, identifiés. Désormais on prédit l’avenir en découvrant des modèles émergents – et parfois à  usage unique – en temps réel. Un des fondamentaux du management et du marketing passe à  la trappe. Copernic et Gallilée ont vécu similaires situations en leur temps.

Parce que cela va poser la question de la valeur de l’information

Une donnée n’a aucune valeur propre (voire une valeur négative si on prend en compte les coûts d’acquisition et de stockage). Elle n’en acquiert une qu’en devenant information et étant utilisée pour prendre une décision. Cela va entrainer deux choses. La première est le questionnement de certains dispositifs existants qui collectaient ce qu’ils pouvaient sans parfois donner grand chose d’utilisable tout en noyant les utilisateurs sous des torrents de chiffres inutiles. La seconde est la nécessité d’utiliser la donnée, ce qui nous ramène aux enjeux culturels et managériaux. Pas d’utilisation, pas de valeur.

 

Bertrand DUPERRINhttps://www.duperrin.com
Head of People and Operations @Emakina / Ex Directeur Consulting / Au croisement de l'humain, de la technologie et du business / Conférencier / Voyageur compulsif.
Head of People and Operations @Emakina / Ex Directeur Consulting / Au croisement de l'humain, de la technologie et du business / Conférencier / Voyageur compulsif.
1,765FansJ'aime
12,296SuiveursSuivre
22AbonnésS'abonner

Le confinement expliqué à mon boss

Découvrez le livre que nous avons co-écrit avec 7 autres experts avec pleins de retours d'expérience pour aider managers et dirigeants

En version papier
En version numérique

Articles récents

Abonnez vous à ma Newsletter !

Et recevez chaque semaine les derniers articles et des contenus exclusifs.

Je consens à ce que mon adresse email soit utilisée pour m'envoyer la newsletter de Bertrand Duperrin.

 

 

Je vous remercie pour votre confiance

Dans le respect strict de la RGDP vous allez recevoir un email vous demandant de confirmer votre inscription. 

 

Vérifiez qu'il ne soit pas tombé dans vos spams ou un dossier "notifications"
Vous pourrez de toute manière vous désabonner à tout moment.

Ne partez pas si vite !!!

Ce serait dommage de rater les prochains articles !

Abonnez vous à ma newsletter....

Recevez les articles chaque semaine dans votre boite aux lettres ainsi que des contenus exclusifs...

Je consens à ce que mon adresse email soit utilisée pour m'envoyer la Newsletter du Bloc-Notes de Bertrand Duperrin

Vos coordonnées ne seront partagées avec personne et ne serviront en aucun cas à vous envoyer de la publicité.

Dans le respect strict de la loi et de la RGDP vous allez recevoir un email vous demandant de confirmer votre inscription. 

 

Vérifiez qu'il ne soit pas tombé dans vos spams ou un dossier "notifications".


Vous pourrez de toute manière vous désabonner à tout moment.

Merci pour vôtre intérêt !