Bienvenue dans le et-business et le et-management

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Notre monde, notre société, nos entreprises font face à  des changements majeurs, rapides, intenses, qui appellent de leur part une transformation et une remise en cause qui sont tout sauf simples à  mettre en œuvre. Tourner la page d’un modèle connu, maitrisé, rassurant même s’il dysfonctionne et est en bout de course n’est guère évident, d’autant plus que le modèle de remplacement souffre de deux faiblesses.

La première est qu’il est encore inachevé, imparfait. On avance, on ttonne, on expérimente mais il reste encore beaucoup de chemin à  faire. Pas facile de se lancer quand on connait la direction mais pas la destination précise.

La seconde est que, même mal défini, le modèle en question est l’exact opposé de l’ancien. Révolution radicale. Besoin de désapprendre, de laisser derrière soi tous les fondamentaux sur lesquels on s’est appuyé, en lesquels on a cru, sur lesquels on a construit pendant des années.

Mais en est on vraiment certains ?

On aime les choix binaires. Ils sont clairs et ne laissent pas la place à  la finesse, aux réglages subtiles. C’est 0 ou 1, blanc ou noir, A ou B. Et en matière de révolution ou de transition numérique, car c’est bien de cela qu’on parle, plus encore. Ce monde ne tolère pas la demi mesure et aime annoncer chaque matin la mort d’un produit, d’une entreprise, d’une tendance et en porter de nouvelles aux nues avant qu’elles se retrouvent elles-mêmes clouées au pilori. Non seulement ce monde vénère la nouveauté mais il le la conçoit pas sans destruction pure et simple de l’existant. Et il a probablement tort.

Qu’a-t-on appris ces dernières années ?

Que le monde vertical n’a pas été remplacé par un monde horizontal. Chacun a ses avantage et ses points faibles. C’est le fait d’avoir les deux même temps qui fonctionne, pas l’un ou l’autre.

Que réseaux et hiérarchie ne sont pas antinomiques, que chacun complète l’autre mais qu’une logique de « tout l’un ou tout l’autre » est bancale. C’est la « wirearchy » qui l’emporte.

Que le commerce numérique n’a pas tué le commerce « physique » sauf quand celui-ci y met du sien et refuse de s’adapter à  un monde qui change. Mais là  ça n’est pas le digital qui tue son prédécesseur mais ce dernier qui se suicide comme un grand. Pour les autres les deux cohabitent, s’alimentent, se complètent et se renforcent. Vive le click and mortar.

Que les conversations n’ont pas remplacé, en entreprise, documents et processus. Elles les enrichissent, les complètent, les améliorent. La vague sociale et collaborative n’a pas tué les processus mais nous aide simplement à  « boucler les boucles« .

Que les écrans informatiques et les canaux digitaux n’ont pas tué la télé. Au contraire, ces « second screens » ramènent leurs propriétaires devant leur écran, source du stimulus qui permet une expérience partagée.

Qu’on peut mobiliser l’intelligence collective sous toutes ses formes, à  n’importe échelle, pour n’importe quel motif (prise de décision, innovation…) mais qu’au final il y aura toujours une personne pour trancher et acter. Parce qu’il faut toujours un responsable et que le collectif n’endosse jamais de responsabilité.

On peut d’ores et déjà  annoncer que le big data et son approche inductive ne tueront pas l’approche déductive sur laquelle nous nous reposions de manière exclusive. Chacune a son terrain de jeu et remplacer l’un par l’autre ne fera que remplacer un manque par un autre.

L’industrie n’est pas morte au profit des services. Au contraire, un processus de servicisation lui donne un second souffle et lui permet d’explorer des gisements de valeur nouveaux.

La liste est longue, je vous laisse l’agrémenter de vos propres exemples.

Il y a bien une révolution en cours, une nouvelle philosophie du management, de l’entreprise, des affaires qu’il va falloir adopter et qui représente une rupture majeure avec ce qu’on a connu jusqu’à  présent. Elle consiste à  apprendre à  penser en termes de « ET » et non plus seulement en termes de « OU ». Elle nous demande d’aller au delà  du remplacement bête et méchant pour faire travailler des idées à  priori opposées ensemble. Elle demande davantage d’huile de coude et de cervelle. Elle demande davantage de finesse que de force aveugle. Elle demande qu’on cesse de jouer les enfants gtés qui ne jurent que par la nouveauté pour aussitôt jeter ce qu’ils ont aimé.

Et ça n’est surement pas la plus simple à  mettre en œuvre.

 

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Bertrand DUPERRINhttps://www.duperrin.com
Head of Employee and Client Experience @Emakina / Ex Directeur Consulting / Au croisement de l'humain, de la technologie et du business / Conférencier / Voyageur compulsif.
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