Pour beaucoup de monde créer son entreprise c’est le grand saut dans l’inconnu et ce même si on a une expérience significative dans le monde de l’entreprise. Et encore davantage quand on est « autodidacte », une situation de plus en plus courante à l’heure où beaucoup de jeunes sont attirés par l’entrepreneuriat.

Quand je parle avec des gens qui se lancent j’entends souvent la même chose….une chose que ceux qui ont un passé d’entrepreneur plus long regrettent systématiquement a posteriori.

La check-list du bon entrepreneur

Quand une personne décide de créer son entreprise elle procède, consciemment ou pas, à une check-list des choses qu’elle va devoir apprendre ou sur lesquelles elle va devoir progresser au fil de l’eau si elle veut que son entreprise croisse et dure.

On y trouve, sans ordre de préférence.

• La technologie, bien sur si c’est une entreprise technologique. On ne demande pas à l’entrepreneur de savoir développer mais avoir la connaissance nécessaire pour parler à un directeur produit ou à un développeur, les comprendre et ne pas se faire balader c’est utile.

• La finance. Au départ l’entrepreneur doit être partout et ses premiers investissements ne vont pas aller aux fonctions support mais à la production. Ne pas savoir faire la différence entre un bilan et un compte de résultat, entre débit et crédit, actif et passif peut être aussi dangereux qu’un produit mal pensé.

• Le juridique. Comme pour la finance, sans des bases minimales il est facile de rapidement faire de grosses bêtises.

• Le marketing. Bien sur, le premier objectif c’est vendre donc maitriser les fondamentaux du marketing et notamment la dimension digitale est un pré-requis indispensable.

Où passe l’essentiel de l’argent d’une entreprise ?

Vous ne trouvez pas qu’il manque quelque chose ? Je vous donne un indice : demandez vous où va passer l’essentiel de l’argent d’une entreprise ? Et bien dans la masse salariale et plus généralement dans toutes les dépenses liées au cycle de vie du collaborateur dans l’entreprise.

Jamais, je dis bien jamais, je n’ai entendu un néo-entrepreneur mettre le sujet dans ses priorités. Par contre systématiquement ceux qui ont un peu de bouteille reconnait que ça a été une vraie erreur de leur part. Parfois cela a conduit à des turbulences majeures au bout de quelques années, parfois jusqu’au plantage intégral.

Non seulement c’est ce à quoi on consacre l’essentiel des dépenses mais en plus ce sont les « gens » qui vont vendre le produit, parler aux clients, le développer, le produire. Parce que le fait de recruter les bons, les motiver, les faire travailler et vivre ensemble sera ce qui fera que votre entreprise décollera ou pas, explosera en vol ou vous amènera sur la. lune.Alors je veux bien qu’on m’explique pourquoi ça n’est pas un sujet.

Ou alors parce qu’on part du principe que les gens sont un mal nécessaire. De toute manière ce sera un problème, de toute manière ils viennent juste pour prendre leur paie et n’ont rien à faire du projet, de la vision. Alors pourquoi s’occuper d’eux alors qu’eux n’ont rien à faire de l’entreprise ?

Si votre succès dépend d’un mal nécessaire vous avez un problème.

Donc en fait certains partent du principe que le succès de leur entreprise repose sur une mal nécessaire. Et, en plus, au lieu de transformer le mal nécessaire en un actif positif, ils lui donnent toutes les raisons de rentrer dans une logique de défiance.

Si vous voyez beaucoup d’entrepreneurs à succès donner des conférences sur l’importance du management c’est le plus souvent parce qu’à leurs débuts, comme beaucoup, ils ont été de piètres managers et on vu ce que ça leur a coûté. Peut être le sont ils encore d’ailleurs mais au moins ils ont compris qu’il leur faut s’entourer de personnes qui savent y faire.

En tout cas :

• Etre manager n’est pas un titre. Ca n’est pas parce que l’organigramme dit que vous êtes le chef que ça fait de vous un manager.

• Le leadership ne fait pas le manager. Combien d’entrepreneurs charismatiques se révèlent être des managers catastrophiques ? Un manager doit être un leader mais tous les leaders ne sont pas managers.

• L’expertise métier ne fait pas le manager. On voit bien ce qui se passe quand une entreprise ne prend en compte que ce critère pour promouvoir des individus. Un manager peut être un expert métier mais l’expertise métier ou produit seule ne fait pas le manager

 

Photo : People Management  de Gajus via Shutterstock