Que l’innovation est omniprésente et ne fait que s’accélérer ne fait aucun doute pour personne pas plus que l’évolution tout aussi rapide et radicale des attentes et des comportements des clients et des collaborateurs.

Tout le monde devrait donc être d’accord sur le fait que les entreprises doivent se transformer ou a minima évoluer au même rythme. Et bien non.

Après le « too big to fail », le « too small to change »

Combien de fois ai-je entendu un discours du type « ça n’est pas pour nous ». Avec, souvent comme argument, la taille de l’entreprise. « Nous sommes trop petits pour nous lancer là dedans », « Ce sont des problèmes de grosses entreprises », « on n’a pas les ressources pour cela ».

Et lors de Unleash Amsterdam en octobre dernier j’ai pu noter un fait intéressant, corroboré par mes échanges avec quelques autres professionnels du secteur : peu importe leur taille, les entreprises regardaient toutes les mêmes choses. Alors bien sur parfois la marche financière était trop haute, certaines offres peuvent être spécialement dimensionnées pour une certaine taille d’entreprise mais, le cloud aidant, il y avait une convergence que, peu importe le domaine, je n’étais pas habitué à voir.

Quand vous avez tout en commun vous avez les mêmes problèmes

En effet :

• les clients sont les mêmes pour tout le monde en termes d’évolution des comportements et des attentes.

• les collaborateurs sont également les même pour tout le monde.

• pour un métier donné l’évolution des solutions technologique est la même. Les RH avec les solutions RH, le marketing avec les solutions marketing, le collaboratif avec les outils collaboratifs.

Bref quand on a les mêmes attentes et comportements client, les mêmes les mêmes attentes et comportements collaborateurs, qu’on a les mêmes technologies a disposition on a les mêmes problèmes donc le même impératif de changement.

On a pas moins besoin de mieux recruter, mieux adresser et cibler les candidats, de fournir une meilleur expérience employé tout au long du cycle de vie de dernier qu’on soit petit ou qu’on soit gros.

On a pas moins besoin de mieux adresser et cibler les clients, de fournier une meilleur expérience client tout au long du cycle de vie de dernier qu’on soit petit ou qu’on soit gros.

Le monde est aussi global et change aussi rapidement qu’on soit petit ou gros.

La transformation c’est surtout important pour les petits

A la limite et quitte à être iconoclaste je dirai même que ces sujets de transformation sont même plus importants pour les petits que pour les gros.

L’erreur de casting, le désengagement, l’absence d’évolution des compétences d’un collaborateur se voit moins quand le candidat en question est noyé dans une équipe plus large que dans une PME où il va directement pénaliser le collectif sans personne pour « nettoyer » derrière lui ou lui servir de baby sitter.

En termes de marketing même si personne n’aime jeter l’argent par les fenêtres pour des campagnes au ROI incertain, une PME ne peut se permettre de viser large et d’arroser partout en espérant que par chance le message touche la bonne personne. Plus encore qu’une grosse entreprise elle a besoin de mieux connaitre ses clients, mieux cibler, d’être à la fois frugale et efficace. Les grandes entreprises, même si ça n’est pas souhaitable, peuvent avoir recours au « carpet bombing » en désespoir de cause ou en se disant « on peut se le payer, on va arroser et on verra ce qui fonctionne ». Les petites non.

Et je ne parle que de deux sujets qui parleront à tout le monde mais on peut répéter le raisonnement à l’envi sur toutes les fonctions clé de l’entreprise.

Quand les gros ont les problèmes des petits

Quand je dis que les petites structures se découvrent avoir les mêmes problèmes que les grandes, je constate que l’inverse est aussi vrai. Après avoir longtemps composé avec leur lourdeur et certains « problèmes de riches » elles découvrent un besoin que les petites connaissent bien : le besoin de scalabilité, de vitesse, d’agilité. Les choses font leur chemin même si faire avec peu, de manière frugale et scalable n’était pas dans leur culture et qu’elles ont cru, pendant un temps désormais révolu, que l’avantage de la taille leur épargnerait la course à la vitesse.

Et quand on vit dans le même environnement soit on a les mêmes problèmes soit on est dans le déni.

Bref dans un cas comme dans l’autre il ne faut pas perdre de vue que ce qui doit conditionner l’ambition et les projets structurants d’une entreprise ça n’est pas elle en tant qu’organisation mais son environnement. Ses clients, ses collaborateurs présents et à venir, ses fournisseurs. Et quand on vit dans le même environnement soit on a les mêmes problèmes soit on est dans le déni.

 

Photo : la taille ne compte pas De Zanariah Salam via Shutterstock