C’était mieux avant, mais parfois c’était pire aussi…

La semaine dernière en plongeant dans mes archives j’ai réalisé que ce blog fêtait ses 16 ans. 16 années d’activité inninterompue tout juste entrecoupée d’une année de break pour cause de ras le bol, ce qui m’a permis d’être actif ailleurs et lancer d’autres projets.

Au départ c’était par curiosité après en avoir entendu parler dans les médias. L’objectif était davantage de m’amuser à construire un blog pour voir comment cela se passait techniquement et je me disais qu’après 3 articles je serai lassé et j’arrêterai. 2209 articles plus tard j’y suis encore.

C’est toujours intéressant de se plonger dans 16 ans d’archives car on y retrouve des articles, des souvenirs, des époques et le meilleur y côtoie le pire.

Le meilleur c’est quand même quelques (rares) articles dont je suis particulièrement fier mais on en repalera un peu plus loin.

Le meilleur c’est surtout des rencontres et des échanges, en ligne mais également et surtout hors ligne. Contrairement à l’idée que beaucoup s’en faisaient le digital n’éloigne pas les gens au contraire. Il rapproche des gens qui s’intéressent aux mêmes sujets mais ne se seraient jamais croisés s’ils n’avaient pu d’un côté partager leurs réflexions en ligne et, de l’autre les trouver. Je me suis fait dans les 5 premières années l’essentiel de la partie la plus qualitative de mon réseau. Certains sont même devenus des amis, des collègues, des clients, voire des concurrents mais que ce soit en ligne, dans un bureau, sur la scène d’une conférence en France ou ailleurs ou encore dans un bar on a vraiment passé des moments agréables, enrichissants et parfois passionnants ensemble.

Alors ensuite la vie a fait son œuvre, chacun a suivi sa voie qui a pu l’éloigner un peu ou beaucoup mais il restera toujours quelque chose de cette époque;

Et puis il y avait le plaisir de défricher un terrain. Aujourd’hui tout le monde existe en ligne, parfois même contre sa volonté. A l’époque Facebook n’existait pas, LinkedIn était réservée à une élite, Youtube n’avait pas été racheté par Google… Le droit à l’erreur était permis car il n’y avait pas ou peu d’audience (en tout cas rien de comparable à aujourd’hui). Comme me disait un ami récemment, il n’y avait pas de code, de règles, à la limite notre expérience a même aidé à les écrire. Essayer d’être intéressant peu importe le sujet dont on parlait, ne pas trop se prendre au sérieux, être curieux et bienveillant…cela suffisait à réguler une « communauté » qui n’écrivait que pour se donner des motifs de se trouver « IRL » lors d’une des nombreuses soirées qui nous rassemblaient à l’époque.

Et puis ce qui était confidentiel est devenu « mainstream ». Tant mieux pour l’industrie, tant pis pour l’état d’esprit. Les réseaux sociaux ont remplacé les médias du même nom, Facebook a pointé le bout de son nez, puis Twitter et à la fin tout le monde s’est retrouvé en ligne.

On parle beaucoup des dérives du net aujourd’hui mais il n’est que le reflet de la société. Il amplifie et accélère les choses mais n’est rien d’autre que ce que les gens en font et ils en font ce qu’ils sont. Le web dans lequel nous vivions à l’époque ça n’était pas la vraie vie ni le vrai monde, cela avait un côté insouciant à la limite du monde des Bisounours. On le savait, on savait que cela ne durerait pas et on en a bien profité. On a fait des Tweets en 2007 qu’on ne pourrait pas refaire en 2021. Ca n’est ni bien ni dommage, c’est la vie.

Et puis donc les blogs ont connu la concurrence d’autre médias/réseaux comme Facebook, Twitter et bien d’autres après. Ils ont aussi connu avant eux ce que j’appelle la rançon du succès digital et que je résume ainsi : au départ il y a les gens et c’est sympa, puis les marques arrivent et ça devient le bordel.

Loïc Le Meur, en son temps surnommé le « Pape des blogs » disait « les blogs démarrent des conversations » et c’était on ne peut plus juste. Aujourd’hui les conversations ont en partie disparu et en tout cas elles se sont déplacées ailleurs. Et puis même s’il y avait certainement chez tout le monde une petite pointe d’égo pour se lancer dans l’aventure, on est passé d’une époque où on existait parce qu’on publiait, aujourd’hui j’ai l’impression que les gens publient pour exister.

On est passé de « les blogs démarrent des conversations » à « Youtube démarre des ventes« . Avant on partageait des expériences et des réflexions, aujourd’hui les gens produisent du contenu. L‘espace de loisir est devenu business et c’est peut être tant mieux car sinon il n’aurait pas eu les moyens de se développer. Tant que rétrogrades comme moi peuvent continuer à fonctionner à l’ancienne ça me va.

Mais se plonger dans ses archives c’est aussi retracer sa vie professionnelle au fil des sujets évoqués.

C’est se souvenir que beaucoup de sujets à la mode qui vont transformer la société et l’entreprise ne passent pas l’hiver.

C’est constater avec un mix de fierté et de déception que des choses qu’on a écrit il y a 5 ans ou plus sont encore d’actualité. Fierté d’avoir eu un coup d’avance, déception de constater que rien n’a changé.

C’est se dire également « mais qu’est ce que tu as pu écrire de trucs nuls ». Forcément quand on traite de sujets émergeants et qu’on essaie d’avoir des approches innovantes, le jugement qu’on porte a posteriori sur les premières réflexions une fois qu’on connait la fin de l’histoire ou qu’on a 10 ans de pratique et de recul sont logiquement sévères.

Mais peu importe, j’assume. Car justement, une leçon apprise à posteriori est que si on croit en un sujet ou une approche et qu’on veut le faire avancer on ne va pas loin si on ne pose pas les bases d’une réflexion afin de l’améliorer. On va moins vite si on ne la partage pas pour voir comment l’idée est accueillie, pour recevoir du feedback et améliorer sa réflexion. Cela vaut quand on écrit mais aussi dans tous les domaines de la vie professionnelle. On n’arrive pas en haut de l’escalier si on ne monte pas la première marche, mieux vaut améliorer en permanence qu’attendre d’atteindre la perfection du premier coup et le feedback des autres permet de faire mieux et plus vite.

16 ans de blogs résumés en une phrase cela donnerait : on change, on s’améliore, le monde change en bien ou en mal et on y peut rien mais tant qu’on échange et qu’on apprend tout va bien.

On se revoit pour les 17 ans.

Image : JuliScalzi/iStockPhoto

Bertrand DUPERRINhttps://www.duperrin.com
Head of People and Operations @Emakina / Ex Directeur Consulting / Au croisement de l'humain, de la technologie et du business / Conférencier / Voyageur compulsif.

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